Le projet de Bourse des PME avance toujours à petits pas

Le comité d’orientation stratégique de Nyse Euronext a livré son rapport intermédiaire. Il n’exclut pas, à terme, d’ouvrir le capital de cette nouvelle Bourse
Yves-Marc Le Reour
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En gestation depuis plusieurs mois, le projet de Bourse des PME avance toujours à pas comptés. Le comité d’orientation stratégique (COS) mis en place par Nyse Euronext pour réfléchir au financement des PME par le marché a rendu hier son rapport intermédiaire. Au centre des propositions figure la création d’une «Bourse de l’Entreprise». Filiale de Nyse Euronext, elle serait dirigée par un conseil de surveillance de 10 à 15 membres représentatifs des acteurs du marché et d’un directoire.

Afin de disposer d’une taille critique, cette nouvelle Bourse serait ouverte en France, aux Pays-Bas, en Belgique et au Portugal, avec pour objectif de s’étendre à l’ensemble du marché unique. Elle rassemblerait, dès le début, les sociétés (près de 950 actuellement) cotées sur les compartiments B et C d’Euronext (marché réglementé) et sur Nyse Alternext (marché régulé). Les sociétés non cotées ou celles présentes sur le marché libre auraient accès à un «marché d’acclimatation» préalable à une cotation.

«La proximité régionale n’est pas incompatible avec l’ambition européenne», souligne Fabrice Demarigny, président du COS. Le bassin de liquidité disponible grâce au marché unique serait relayé par une prospection directe à l’échelle locale auprès des entreprises et des investisseurs. Si une tarification incitative s’appliquant aux commissions de cotation et de transaction est prévue pour attirer les émetteurs, la priorité donnée au drainage de l’épargne longue incite le COS à conseiller «une surtarification des ordres annulés, afin de rendre prohibitif le trading à haute fréquence sur cette Bourse».

A ce stade, la répartition du capital de la future Bourse reste toujours floue, notamment concernant la participation éventuelle de la Caisse des dépôts. Le COS recommande que la société soit majoritairement détenue par Nyse Euronext mais n’exclut pas une ouverture ultérieure du capital à des «actionnaires partenaires» sous réserve d’un business plan à 3 ans au moins équilibré.

Cette ouverture «ne devra pas interférer dans la définition de l’architecture d’ensemble de la Bourse» et viserait à augmenter son efficacité grâce à l’apport de sociétés à introduire, de réseaux de prospection ou de flux de transactions, notamment dans le cadre d’une expansion européenne. La publication de ce rapport ouvre une phase de consultation publique qui se terminera le 17 septembre. La version finale devrait être remise fin septembre.

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