Le profil financier des groupes français a rarement été aussi favorable
Après avoir soigné leur trésorerie et poussé le désendettement à l’extrême ces cinq dernières années, les entreprises recommencent à s’interroger sur l’optimisation de leur profil financier. C’est ce que constate Bfinance dans sa dernière étude sur la stratégie financière des «corporates» français. L’objectif : être en ordre de bataille pour saisir les opportunités en termes de fusions-acquisitions.
«Au cours des neuf premiers mois de l’année 2014, les opérations de M&A impliquant une entreprise française ont progressé de 200% en volume et de 20% en nombre», souligne Emmanuel Léchère, responsable des études chez Bfinance.
Les marges de manœuvre financières des corporates ont rarement été aussi grandes. En 2013, le levier (dette rapportée à l’Ebitda) moyen des 104 sociétés non financières du SBF 120 a encore diminué, passant de 1,7 à 1,5. «C’est un niveau extrêmement modéré. A titre de comparaison, les agences de notation notent triple B les entreprises dont l’endettement représente 2 à 3 fois l’Ebitda», souligne Didier Philouze, responsable du conseil en financement chez Bfinance, qui pointe l’avantage à renégocier sa dette bancaire avant que les conditions ne se détériorent de nouveau. «Les lignes négociées en 2009-2010 étaient quelquefois très contraignantes en termes de clauses et de covenants. Désormais, il est possible d’obtenir des facilités à 5 ans extensibles à 6 puis 7 ans (format 5+1+1, ndlr) avec des marges de 20 à 25 points de base pour un corporate noté simple A.»
Tirant les leçons de la crise, les entreprises veillent par ailleurs de plus en plus à diversifier leurs sources de financement. «Avec près de 67% de financements obligataires, le SBF 80 (SBF 120 hors CAC 40, ndlr) affiche un niveau de désintermédiation proche de celui du CAC 40 il y a cinq ans et des pays anglo-saxons», affirme Didier Philouze. La taille moyenne des placements privés est passée de 110 millions d’euros en 2012 à 90 millions en 2013 et 60 millions en 2014.
Or, être connu de quelques investisseurs institutionnels permet non seulement de les solliciter en cas de besoin mais aussi de renforcer son pouvoir de négociation face aux banques. Un atout précieux à l’heure où les acquisitions apparaissent comme le moyen le plus évident de gagner des parts de marché.
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