Le profil de crédit d’EDF pâtit d’une exposition grandissante du groupe aux prix de marché
Moins d’un mois après avoir mis la note d’EDF sous surveillance négative, Moody’s a finalement abaissé d’un cran la dette à long terme de l’énergéticien. La note attribuée à sa dette senior non garantie est passée de «Aa3» à «A1», la note afférente à ses obligations subordonnées perpétuelles étant passée de «A3» à «Baa1». L’agence américaine a de surcroît attribué à l’ensemble des nouvelles notes une perspective négative.
Cette dégradation reflète l’exposition grandissante d’EDF aux prix de marché dans la génération et la distribution électrique, alors que ces prix sont actuellement «inférieurs aux tarifs réglementés de l’énergie nucléaire», ce qui incite les fournisseurs alternatifs à renforcer leur agressivité commerciale. Si les tarifs réglementés s’appliquaient l’an dernier à 84% des volumes vendus à la clientèle finale, cette proportion «devrait passer à moins de 50% en 2016», relèvent les analystes crédit de Kepler Cheuvreux.
L’impact négatif de cette évolution sur les cash-flows du groupe sera d’autant plus important qu’EDF «est contraint d’augmenter significativement ses investissements afin de maintenir et d’améliorer son parc nucléaire en France, ce qui accroît l’incertitude sur la rentabilité future de ces investissements», explique Moody’s. Outre cet effet de ciseau, la prudence accrue de l’agence s’explique aussi par les risques liés à l’évolution future des prix, EDF étant notamment soumis à une obligation de couverture du déficit tarifaire. Etant donné que la loi sur la transition énergétique prévoit que les énergies renouvelables représenteront 40% de la production électrique à l’horizon 2030, la hausse inévitable du montant des factures contribuera à accroitre les difficultés de paiement de certains clients.
Quant à la perspective négative sur ces notes, elle «reflète essentiellement les risques associés aux liens étroits d’EDF avec le groupe public Areva, lui-même confronté à de nombreux défis opérationnels et financiers». A cela s’ajoute la complexité du projet nucléaire britannique (centrale de Hinkley Point) auquel EDF prend part. En dépit de ratios d’endettement offrant au groupe une faible flexibilité pour améliorer son profil de crédit, Moody’s a tenu compte dans sa notation de la participation de 84,5% de l’Etat français au capital de l’énergéticien, ce qui laisse augurer d’un soutien important si nécessaire.
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh appelle à un «changement de régime» à la Fed
L’audition devant la Commission bancaire du Sénat du candidat choisi par Donald Trump pour présider la Fed après le 15 mai a été animée mardi. Elle a confirmé que sa nomination officielle devrait être retardée en raison du différend concernant l’enquête pénale visant Jerome Powell, que le sénateur républicain Thom Tillis considère comme une attaque contre l’indépendance de la banque centrale. -
Les actions chinoises tirent leur épingle du jeu
Les places boursières chinoises, qui ont rattrapé leur baisse de mars, s’imposent comme les gagnantes de la situation au Moyen-Orient. La Chine est moins vulnérable au choc énergétique et elle tire profit de son investissement dans l’innovation. -
L’agence S&P Global Ratings affine encore sa notation des «covered bonds»
Cette nouvelle révision devrait avoir des impacts positifs pour les produits dont la notation peut être supérieure à celle de l’Etat d’émission.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- L'entrée en relation bancaire numérique embarrasse les réseaux traditionnels
Contenu de nos partenaires
-
Les fous de BaalbekLe Hezbollah observe les négociations libano-israéliennes « le doigt sur la gâchette »
La milice armée, alliée du régime de Téhéran, pourrait profiter de ce répit pour reconstituer ses forces -
Avec parcimonieSébastien Lecornu étend un peu ses aides face à l'envolée des prix du carburant
Le Premier ministre a annoncé avoir missionné ses ministres pour élargir les aides aux professions les plus touchées par l'augmentation des carburants. Les agriculteurs verront leur aide sur le gazole passer de 4 à 15 centimes par litre. Une aide est prévue pour près de 3 millions de grands rouleurs contraints d'utiliser leur voiture dans le cadre de leur profession -
Une fois, pas deux« Pas question de revivre un psychodrame » : le PS cherche comment éviter le piège du budget 2027
Vaccinés par les errements de l’année passée, les socialistes voudraient s’éviter le supplice d’une précampagne présidentielle polluée par des négociations à l’aveugle avec Sébastien Lecornu