Le prochain retrait de la cote d’APRR ouvre une nouvelle voie financière à Eiffage
Une barrière importante vient de se lever pour Eiffage. Après deux années et demie de procédure devant les tribunaux, Eiffarie, la filiale commune du groupe avec le fonds Macquarie, va enfin pouvoir prendre le contrôle total des Autoroutes Paris Rhin Rhône. Eiffarie avait bien dépassé depuis juin 2010 le seuil des 95% du capital mais l’opposition de plusieurs actionnaires minoritaires, dont le conseil général de Saône-et-Loire présidé à l’époque par Arnaud Montebourg, a bloqué l’opération de retrait obligatoire de la cote. La semaine dernière, la cour d’appel a donné raison à Eiffarie.
Une procédure de retrait obligataire pourra ainsi être lancée d’ici à la fin de l’année, ou sinon début 2013, sur le 1,07% du capital encore en circulation, au prix de 42,63 euros par action, soit le montant de l’offre initiale (55 euros) diminué des dividendes payés depuis 2010. Le coût estimé de 52 millions d’euros avait été anticipé par les actionnaires d’Eiffarie. Il sera de toute façon largement compensé par les bénéfices financiers de l’opération.
La montée à 100% du capital permettra en effet une simplification de la structure avec une fusion entre Eiffarie et sa filiale APRR. Résultat, Eiffarie qui ne pouvait initialement se financer que sur le marché obligataire high yield avec un refinancement bancaire pourra désormais s’appuyer sur la notation d’APRR (BBB- chez S&P).
Eiffarie a souscrit en février un crédit bancaire de 2,8 milliards d’euros, à cinq ans, avec une marge de 300 points de base sur l’Euribor, avec des clauses d’augmentation de 50 pb supplémentaires en février 2015 et en février 2016. En face, le spread des obligations APRR 2019 est inférieur, à 150 pb. Or, les analystes de HSBC calculent que 10 pb gagnés sur la marge permettront d’économiser chaque année 2,8 millions d’euros de charges financières.
Le nouvel Eiffarie devrait ainsi retrouver une marge de manœuvre pour accroître sa redistribution de dividende à ses actionnaires. La simplification de la structure, suivie d’un refinancement de la dette, permettrait de doubler la capacité de distribution de la structure, avec 1,4 milliard d’euros cumulés entre 2012 et 2017, estime Exane BNP Paribas. Selon le courtier, l’impact positif sur le cours de l’action Eiffage pourrait ainsi atteindre 3,6 euros.
Plus d'articles du même thème
-
Mubadala envisage d’investir dans le fonds de son responsable du capital-risque
Ce dernier s’apprête à quitter l'entreprise l’année prochaine pour lever son propre fonds -
KKR signe sa première opération de continuation dans le crédit privé
Le gérant américain a structuré un véhicule de plus de 460 millions de dollars, avec AllianzGI comme investisseur principal, afin de transférer des actifs issus de son fonds de direct lending KKR Lending Partners III. -
PARTENARIATQuand la Chine transforme l'innovation robotique en industrie
La Chine dispose de plusieurs atouts pour jouer un rôle majeur dans cette nouvelle industrie. Son avantage ne repose plus uniquement sur la fabrication de composants.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Seine colèrePendant les violences, Emmanuel Grégoire met sa police municipale « aux abris »
Alors que la capitale fait face à des violences et des pillages, les 4 000 agents parisiens ont reçu consigne de rester cloîtrés dans leurs locaux lors des manifestations -
Ce qu’il faut savoir sur la cyberattaque dont a été victime la plateforme de cryptomonnaie Binance
Le géant mondial des monnaies virtuelles promet de combler sur ses fonds propres un braquage informatique sans précédent estimé à plus de six milliards de dollars -
Soupçons de détournement de fonds publics au Havre : pourquoi Edouard Philippe a été placé sous le statut de témoin assisté
Entendu ce jeudi dans l’enquête visant l’agglomération du Havre, le candidat Horizons a été placé sous le statut de témoin assisté. Il échappe ainsi à une mise en examen, mais cela ne constitue pas un non-lieu pour autant