Le Printemps se prépare à passer sous pavillon qatari
RREEF, un fonds immobilier de Deutsche Bank, négocie avec le groupe Borletti associé à des investisseurs qataris, la vente de sa participation dans le Printemps. Conseillé par Deutsche Bank et Rothschild, le vendeur, qui comptait sortir au plus tard en 2014, semble vouloir profiter du haut de cycle de l’immobilier parisien. Pour sa part, la commandite Borletti, dispose d’un droit de préemption, mais ne peut mener le rachat seule. Les Galeries Lafayette et le groupe immobilier chinois Wanda avaient également manifesté leur intérêt.
Lors de la cession du Printemps par PPR en 2006 pour 1,1 milliard d’euros, RREEF avait acquis 70% du capital. Le groupe Borletti avait repris le solde et assure la direction opérationnelle du Printemps. Le groupe compte 16 magasins en propre en France dont le navire amiral du boulevard Haussmann, et un pôle sport (enseignes Made in Sport et Citadium).
Sur l’exercice 2011 (clos fin mars 2012), les ventes ont progressé de 13% à 1,45 milliard d’euros, et même de 23% pour le seul Printemps Hausmann, qui dégage la moitié du chiffre d’affaires du groupe (725 millions). Selon RREEF et Borletti, le chiffre d’affaires a progressé de 30% depuis le rachat du grand magasin, tandis que le résultat opérationnel a doublé. Tenu secret, il serait de 150 millions. Les deux partenaires disent avoir investi 350 millions d’euros depuis leur arrivée, dont 150 millions à Haussmann, transformant le grand magasin en acteur du luxe. Un moyen de mieux capter la clientèle étrangère de passage dans la capitale.
Le montant de la transaction comme la future répartition du capital sont toujours en discussion. Des experts évoquent une valorisation du Printemps autour de 1,6 milliard d’euros, soit un peu plus d’une fois le chiffre d’affaires. Selon Mediapart, le Groupe Borletti n’aurait proposé que 650 millions pour les 70% de RREEF. Du côté des investisseurs qataris, l’émir du Qatar, Al Thani, mènerait lui-même les négociations.
Si la famille Borletti veut demeurer au capital et continuer à développer le groupe, les investisseurs qui sont à ses côtés au sein du Groupe Borletti et qui détiendraient selon une source 98% du capital, pourraient éventuellement sortir en se faisant racheter par les Qataris. En dépit de ces déclarations, le marché évoque aussi un rachat à 100% par les Qataris. L’annonce du dépôt d’une offre ferme devrait intervenir dans les toutes prochaines semaines.
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