Le président d’Assystem ouvre une porte de sortie définitive à son actionnaire public
Dominique Louis, le président du directoire et premier actionnaire d’Assystem, espère définitivement rompre les liens avec son actionnaire public avec lequel les relations ont parfois été tendues. S’il ne cite aucun nom, le projet d’offre publique d’achat dévoilé mardi soir vise clairement à ouvrir une porte de sortie à Bpifrance qui détient une participation financière résiduelle de 5,57% au capital de la société d’ingénierie. Le fonds CDC Entreprises Valeurs Moyennes détient pour sa part 2,7%.
«Bpifrance a été tenu informée du projet d’OPA et va désormais examiner les conditions de l’offre», indique une source proche de la banque publique. A 20 euros par action, le prix est jugé faible par les analystes et par plusieurs sociétés de gestion présentes au capital, avec une décote de l’ordre de 20% sur les groupes comparables.
Mais l’ambition de Dominique Louis n’est pas de prendre la majorité de son groupe. Déjà détenteur de 28,86% du capital et de 29,86% des droits de vote d’Assystem via sa holding personnelle HDL, soit à quelques centièmes seulement du seuil réglementaire des 30%, le dirigeant se devait de lancer une offre publique d’achat pour se renforcer personnellement. A 20 euros par action, la participation résiduelle de Bpifrance est valorisée un peu plus de 21 millions d’euros, soit le financement sécurisé auprès de Salvepar par Dominique Louis.
Bpifrance n’a pas caché sa volonté de quitter à terme le capital d’Assystem. Au printemps, le Fonds stratégique d’investissement, aujourd’hui intégré chez Bpifrance, avait déjà réduit de deux tiers sa participation grâce à un programme de rachats d’actions spécialement mis en œuvre par la société. Avant celui-ci, le FSI détenait 13,73% d’Assystem. Le représentant du fonds public a depuis démissionné du conseil de surveillance.
Selon Dominique Louis, cet actionnariat public, hérité du rachat en 2005 par la Caisse des dépôts de l’ancienne participation détenue par Areva, a pu gêner dans le passé le développement d’Assystem. Certains concurrents n’auraient pas hésité à utiliser l’argument, notamment à l’étranger, pour dissuader des clients industriels de travailler avec une entreprise proche de l’Etat français. Cet actionnariat aurait également empêché des acquisitions.
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