Le pool de créanciers de la Saur commence à se fissurer
Le quatrième créancier de la Saur jette l’éponge. Lloyds met ce matin aux enchères, sur le marché secondaire, la créance de 140 millions d’euros qu’il détient sur Hime, la holding de tête du numéro trois français de l’eau. Selon des sources de marché, la dette serait proposée à 40% du pair, contre une dernière cotation à 47%. «Lassée de la longueur du processus de restructuration de la dette de Hime et craignant qu’un redressement judiciaire en juillet prochain ne soit la seule issue, Lloyds préfère sortir aujourd’hui pour limiter ses pertes», décrypte un bon connaisseur du dossier.
Pénalisée par de mauvaises conditions météorologiques mais aussi par une activité qui tourne au ralenti en raison de la crise, la Saur n’a pas tenu son budget au premier trimestre, avec une baisse de 10% de son Ebitda, a appris L’Agefi de sources proches. Conséquence, et alors qu’une reprise paraît peu probable à court terme, le plan d’affaires validé en début d’année par Ernst & Young a été révisé. La valeur indicative de la société a été abaissée de 100 millions d’euros par rapport à la fourchette initiale de 800 millions à 1 milliard.
La sortie de Lloyds marque un tournant dans le processus de restructuration de Hime. La banque est le premier des cinq membres du «Cocom», le groupe représentatif des 63 créanciers de la holding, à quitter le navire. Il marque aussi un clivage entre les banques françaises et les établissements étrangers. Ces derniers auraient proposé de modifier l’offre de refinancement des banques, ce qui aurait été refusé par leurs homologues français, soucieux de ne pas créer un précédent négatif sur la place au moment où de nombreux LBO montés en 2006 ou 2007 sont en renégociations. Premier créancier, BNP Paribas porte 500 millions d’euros de créance, devant Natixis (300 millions), RBS (300 millions) et Bank of Tokyo Mitsubishi.
Selon un proche du pool bancaire, qui rappelle que la dette de Hime se traite régulièrement sur le marché secondaire, la sortie de Lloyds ne remet pas en question l’offre des créanciers. Elle fragilise toutefois leur position alors qu’un accord entre toutes les parties (banques, actionnaires et société) doit être trouvé avant le 30 juin, date butoir avant que Hime ne soit contraint de déposer le bilan pour apurer ses 1,7 milliard d’euros de dette.
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