Le plongeon de l’action Eiffage fait peser un risque sur la structure du capital du groupe
Un peu plus de 17% jeudi et encore 5% vendredi. En deux jours, Eiffage a quasiment perdu un quart de sa valeur boursière après l’annonce de résultats semestriels jugés décevants. Mais en plus de la perte de 700 millions d’euros de capitalisation, cette dégringolade fait peser un risque sur la structure actionnariale du groupe de BTP et de concessions.
Pour contrer en 2007 la tentative de prise de contrôle du groupe par l’espagnol Sacyr, Jean-François Roverato, le PDG, avait fédéré les salariés et les cadres de la société pour présenter un rempart d’actionnaires infranchissable détenant 32,4% d’Eiffage: la Sicavas Eiffage 2000, support historique qui avait porté en 1989 le rachat de l’entreprise par les salariés (19,8%); le fonds commun de placement d’entreprise Eiffage 2011, qui avait souscrit à une augmentation de capital en 2006 (3,1%) ; et enfin Eiffaime, une société qui regroupe les actions détenues par les 386 managers d’Eiffage (8,3%). C’est cette dernière qui est aujourd’hui la plus menacée par la chute du cours de Bourse.
L’actif d’Eiffaime est en effet constitué pour moitié par des titres apportés par les managers (issus de stock-options, actions gratuites...) et pour moitié par des actions achetées sur le marché grâce à un emprunt contracté auprès du CIC, de la Société Générale et de Natixis. L’accord signé avec les banques prévoyait que la dette soit remboursée en quatre échéances. Or, le cours moyen des actions Eiffage dans les comptes d’Eiffaime, 62 euros, se situe très largement au-dessus du cours de Bourse actuel (26 euros). La société des managers ne peut donc pas vendre d’actions Eiffage sur le marché pour payer sa dette, à moins de provisionner la perte de valeur sur l’ensemble des titres, soit plus de 200 millions d’euros. Fin 2009 (les comptes 2010 d’Eiffaime n’ont pas été publiés), Eiffaime portait une dette de 235 millions d’euros pour autant de fonds propres.
Prévue initialement en avril 2011, la première échéance de remboursement a été reportée d’un an, selon une source proche. Confiante, la direction d’Eiffage assure qu’Eiffaime n’est pas un sujet et que le groupe est aujourd’hui concentré sur son plan visant à faire remonter la marge de ses métiers historiques. En espérant relancer un cours de Bourse qui a perdu 60% en cinq ans, depuis l’attaque de Sacyr.
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