Le plan de transformation de Veolia met la patience du marché à rude épreuve
Deux ans. C’est le temps que se donne Antoine Frérot pour transformer Veolia. Et tourner la page Henri Proglio, l’ancien PDG, qui avait multiplié les opérations de croissance ces dernières années. «C’est la première fois que notre entreprise s’attaque à sa manière de travailler, à sa culture», reconnaît le président du groupe de services aux collectivités (déchets, eau, énergie) pour expliquer la longueur du chantier. Avec les risques opérationnels que cela comporte.
Les investisseurs, qui attendaient beaucoup de la présentation de la nouvelle stratégie, devront donc aborder 2012 et 2013 sans repères sur les résultats. D’où la baisse de 4,49% de l’action hier, à 9,094 euros, portant à 57% sa chute annuelle. «Ces deux années donneront pleinement leurs résultats à partir de 2014», leur a assuré Antoine Frérot, avec «en milieu de cycle», une croissance organique du chiffre d’affaires de plus de 3% par an, une hausse du résultat brut d’exploitation de plus de 5% par an et un taux de distribution «au niveau de sa moyenne historique». En attendant, le dividende annuel sera réduit à 0,7 euro par action, 40% de moins que le montant versé en 2011.
En plus des cessions d’actifs (lire ci-dessous), Veolia va remettre son organisation à plat. Le groupe va supprimer une strate de direction. La structure par région disparaîtra pour raccourcir la courroie de transmission entre le siège, les divisions et les unités opérationnelles, et éviter les «accidents industriels» subis par le groupe ces dernières années, selon l’expression d’Antoine Frérot. Au passage, 25 millions d’euros seront économisés par an. Autres mesures, les achats et l’informatique seront totalement centralisés. Enfin, dès 2012, les charges de fonctionnement seront abaissées. Cela coûtera 80 millions de charges exceptionnelles en 2012, mais aura un effet positif sur le bénéfice opérationnel de 20 millions d’euros la première année puis de 170 millions d’euros par an à partir de 2013.
Au total, la transformation de Veolia coûtera 20 millions d’euros en 2012 mais améliorera le résultat opérationnel de 120 millions d’euros en 2013, puis de 220 millions l’année suivante et enfin de 420 millions en 2015. «Les fruits de ce programme resteront dans le compte de résultats», assure Antoine Frérot, alors que la pression sur les prix, notamment dans l’activité eau, a totalement absorbé ces derniers mois les effets du précédent plan de réduction des coûts.
Plus d'articles du même thème
-
Un hedge fund quantitatif s’émancipe de Tudor avec 9 milliards de dollars
Un hedge fund adossé à la société d’investissement américaine Tudor s’apprête à prendre son indépendance avec 9 milliards de dollars d’actifs confiés par des investisseurs, rapporte le Financial Times. Cela constituerait le plus important spin-off de l’histoire du secteur. Xantium, hedge fund spécialisé dans la gestion quantitative qui emploie environ 300 personnes, doit officiellement quitter au premier semestre 2027 le groupe contrôlé par le milliardaire Paul Tudor Jones II, selon des sources proches du dossier. Il s’établira de manière indépendante avec des capitaux apportés par sa maison mère, sans que l’on sache encore si Tudor conservera une participation au capital. L’essentiel des 9 milliards de dollars gérés aujourd’hui par Xantium provient de capitaux externes. -
L'AMF demande aux fonds monétaires de relever leurs tampons de liquidité
Le régulateur insiste sur la détection précoce des tensions et la rapidité des mesures correctrices liées à la liquidité. Un enjeu pour un marché français dont les encours approchent 480 milliards d’euros en août 2026. -
Eurizon lance ses ETF en Allemagne
Neuf ETF de la plateforme YourIndex Sicav ont été cotés sur Xetra à Francfort.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
Contenu de nos partenaires
-
Ni-ni« Ni-ni » : le vote blanc sera-t-il le grand vainqueur de la présidentielle ?
Face à la perspective d'un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour, les électeurs sociaux-démocrates et du bloc central envisagent massivement de refuser de choisir -
Les femmes sont-elles l’avenir du luxe ?
Pendant des décennies, le luxe ciblait la gent féminine sans vraiment lui donner la parole. Les femmes étaient les muses des campagnes publicitaires, les silhouettes des défilés, les destinataires supposées des sacs, des bijoux ou des parfums. Si elles inspiraient le récit, elles l’écrivaient rarement. Mais ça, c’était avant. -
Winter is comingCroissance, dette : la France perd pied
« La France est à l'arrêt », constate le ministre des Finances, Roland Lescure. Les marges de manœuvre se réduisent : il faut contenir le déficit public alors que l'activité cale et les taux s'envolent