Le plan de transformation de Veolia met la patience du marché à rude épreuve

Les cessions d’actifs et les économies de coûts prendront deux ans avant de prouver leur effet sur les résultats. L’action a perdu 4,49 % hier
Olivier Pinaud

Deux ans. C’est le temps que se donne Antoine Frérot pour transformer Veolia. Et tourner la page Henri Proglio, l’ancien PDG, qui avait multiplié les opérations de croissance ces dernières années. «C’est la première fois que notre entreprise s’attaque à sa manière de travailler, à sa culture», reconnaît le président du groupe de services aux collectivités (déchets, eau, énergie) pour expliquer la longueur du chantier. Avec les risques opérationnels que cela comporte.

Les investisseurs, qui attendaient beaucoup de la présentation de la nouvelle stratégie, devront donc aborder 2012 et 2013 sans repères sur les résultats. D’où la baisse de 4,49% de l’action hier, à 9,094 euros, portant à 57% sa chute annuelle. «Ces deux années donneront pleinement leurs résultats à partir de 2014», leur a assuré Antoine Frérot, avec «en milieu de cycle», une croissance organique du chiffre d’affaires de plus de 3% par an, une hausse du résultat brut d’exploitation de plus de 5% par an et un taux de distribution «au niveau de sa moyenne historique». En attendant, le dividende annuel sera réduit à 0,7 euro par action, 40% de moins que le montant versé en 2011.

En plus des cessions d’actifs (lire ci-dessous), Veolia va remettre son organisation à plat. Le groupe va supprimer une strate de direction. La structure par région disparaîtra pour raccourcir la courroie de transmission entre le siège, les divisions et les unités opérationnelles, et éviter les «accidents industriels» subis par le groupe ces dernières années, selon l’expression d’Antoine Frérot. Au passage, 25 millions d’euros seront économisés par an. Autres mesures, les achats et l’informatique seront totalement centralisés. Enfin, dès 2012, les charges de fonctionnement seront abaissées. Cela coûtera 80 millions de charges exceptionnelles en 2012, mais aura un effet positif sur le bénéfice opérationnel de 20 millions d’euros la première année puis de 170 millions d’euros par an à partir de 2013.

Au total, la transformation de Veolia coûtera 20 millions d’euros en 2012 mais améliorera le résultat opérationnel de 120 millions d’euros en 2013, puis de 220 millions l’année suivante et enfin de 420 millions en 2015. «Les fruits de ce programme resteront dans le compte de résultats», assure Antoine Frérot, alors que la pression sur les prix, notamment dans l’activité eau, a totalement absorbé ces derniers mois les effets du précédent plan de réduction des coûts.

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