Le plan de Sébastien Bazin pour Accor ne convainc pas le marché
Déception. Le marché a accueilli le plan stratégique du PDG d’Accor, Sébastien Bazin, par une chute de 7,48% de l’action, à 31,05 euros. De fait, l’ancien patron de Colony Capital Europe n’a pas promis de retour exceptionnel aux actionnaires, ni dévoilé d’objectifs chiffrés.
Dans l’objectif de faire d’Accor le groupe hôtelier le plus performant et le mieux valorisé, Sébastien Bazin restructure l’entreprise autour de deux pôles : la gestion hôtelière, centrée sur la génération de redevances et l’optimisation du compte de résultat (HotelServices), et l’investissement immobilier, visant l’amélioration du rendement des actifs et l’optimisation du bilan (HotelInvest). Ces deux pôles, dirigés tous deux par Sébastien Bazin, auront leur propre management et leurs propres critères de performances.
Parmi les objectifs d’HotelServices, figurent le développement du digital et de la fidélisation. Accor veut doubler le nombre de porteurs de cartes de fidélité (13 millions aujourd’hui) dans les prochaines années. Quant à la marge d’Ebitda retraité d’HotelServices de 53%, elle n’a rien à envier aux autres groupes. «Nous sommes au même niveau, voire bien meilleurs que nos partenaires américains», s’est félicité Sébastien Bazin.
HotelInvest redéfinira le parc, en réduisant les hôtels en location, et en arrêtant tout développement en contrat de loyer fixe ou variable. Des cessions pourront être ainsi envisagées, mais pour les seuls hôtels non rentables.
Une nouvelle organisation par zones géographiques (France, Europe, Méditerranée-Moyen-Orient-Afrique, Amériques et Asie-Pacifique) et par segments de marque (luxe, moyenne gamme, économique) est mise en place. «La majeure partie des décisions doivent être prises par des gens proches du terrain, a expliqué Sébastien Bazin Au moins la moitié des décisions doivent être prises sur place» et non au siège. Un discours similaire à celui de Georges Plassat quand il a repris les rênes de Carrefour. Dans le cadre de cette politique, le service marketing haut de gamme et luxe sera délocalisé en totalité de Paris à Singapour.
Le comité exécutif passera de 5 à 10 membres : le PDG Sébastien Bazin, Sven Boinet qui fait son grand retour comme directeur général délégué, la directrice financière Sophie Stabile, seule rescapée du précédent comex, le patron du digital et un responsable d’HotelInvest non encore nommés, et les cinq patrons de région.
Plus d'articles du même thème
-
DWS affiche une nouvelle collecte record de 31 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
Sur neuf mois, les flux de la filiale de gestion de Deutsche Bank sont supérieurs aux flux annuels de chaque exercice depuis son introduction en Bourse en 2018. -
Plusieurs institutionnels participent au lancement du fonds Avenir Souveraineté
Soutenu par un haut conseil pour la souveraineté, ce fonds de dotation d’intérêt général aura pour mission d’œuvrer en faveur de la souveraineté en France et en Europe. -
La gestion d’actifs de BNP Paribas collecte 31 milliards d’euros sur les 9 premiers mois de l’année 2026
Les encours ressortent à 1.689 milliards d’euros, en hausse de 4,9 % sur un an.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
DiagnosticProgressisme contre illibéralisme : les leçons de Jean-Christophe Cambadélis
Grand défenseur de la social-démocratie, l'ancien dirigeant du PS explique pourquoi le progressisme perd sa centralité et les élections face au national-populisme -
Benjamin Netanyahu en tête, aucune majorité claire : tout savoir des résultats des élections en Israël
Ce mercredi matin, la moitié des bulletins étaient dépouillés et la coalition de droite menée par Benjamin Netanyahu serait en tête avec 56 sièges, contre 49 pour celle d’opposition de Gadi Eisenkot, sachant qu’il faut 61 sièges pour avoir une majorité absolue à la Knesset -
L'air du largeA Bonn, ex-capitale de Guerre froide qui s’inquiète pour l’avenir
De retour de l'ancienne capitale allemande, notre chroniqueur y a constaté l'inquiétude des europhiles, notamment sur l'état des relations franco-allemandes