Le plan de départs d’Air France pourrait coûter 300 à 400 millions d’euros
Air France compte supprimer 5.120 postes d’ici à décembre 2013, soit un peu plus de 10% de ses effectifs sous contrats français (hors filiales). Le chiffre a été annoncé hier au comité central d’entreprise. La direction de la compagnie aérienne espère trouver un accord au début du mois de juillet. Les départs se feront sur la base du volontariat, à moins que les accords ne soient pas signés avec les syndicats, prévient la direction. Dans ce cas, «les départs non volontaires ne pourraient être évités».
Pour la direction, l’objectif est d’aller vite afin de bénéficier le plus rapidement possible des réductions de charges de personnels, alors que le groupe Air France-KLM a déjà perdu 368 millions d’euros au premier trimestre 2012. Air France assure également qu’un déroulement «conforme aux objectifs» du plan permettrait d’éviter des licenciements en 2014. Cette baisse des effectifs, qui s’accompagne d’une hausse de seulement 5% de l’offre de sièges entre 2012 et 2014, contre 4% à 5% en moyenne par an auparavant, doit permettre à Air France d’améliorer de 20% sa productivité. Elle doit aussi contribuer pour moitié aux 2 milliards d’euros d’économies qu’Air France-KLM compte réaliser d’ici à 2014.
Sur les 5.120 suppressions de postes, 1.710 se feront via des départs naturels non remplacés. Le solde, soit 3.410 personnes, passera par des incitations au départ définitif ou en retraite anticipée, par des mesures de partage du temps de travail ou d’incitation au temps partiel. Le personnel au sol est principalement concerné par ce plan (2.056 postes), le deuxième en deux ans, la direction de la compagnie ne souhaitant pas réduire drastiquement le nombre de pilotes (450 sont concernés, sur un total de 4.000) en cas de reprise rapide du trafic aérien dans les mois à venir. Le coût des départs seraient également plus élévé.
Sur ces bases, ce plan de départ volontaire pourrait coûter entre 300 et 400 millions d’euros à la compagnie, selon les premières estimations des analystes. Les 1.700 suppressions de postes réalisées fin 2009-début 2010 avaient coûté 168 millions d’euros, soit un peu moins de 100.000 euros par salarié. La direction d’Air France avait alors promis un «pay back» (sic) en moins de deux ans. Pour couvrir ces charges exceptionnelles, Air France-KLM pourrait procéder à de nouvelles cessions d’actifs, dont la part résiduelle de 7,5% au capital d’Amadeus. Aux cours d’hier, elle vaut 520 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026. -
Au Royaume-Uni, Andy Burnham défie Keir Starmer
Le maire travailliste du Grand Manchester, qui vient d’être élu à la Chambre des communes, jouit d’une popularité bien plus forte que l’actuel premier ministre, qu’il pourrait pousser vers la sortie. Keir Starmer compte, quant à lui, résister. -
«Seule une reprise plus marquée de l’économie européenne pourrait justifier une appréciation de l’euro-dollar à 6 mois»
Olivier Guillou, directeur de la gestion chez Ecofi.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter