Le placement d’un bloc d’actions du danois TDC tourne au fiasco

En raison d’un prix trop agressif, Morgan Stanley se retrouve collée avec 7% du capital de l’opérateur de télécoms
Alexandre Garabedian

Morgan Stanley est devenue hier le deuxième actionnaire minoritaire de l’opérateur danois de télécoms TDC, devant le fonds souverain de Singapour. Mais la banque américaine se serait bien passée de cet honneur. Mandatée mardi par la holding de contrôle de TDC pour céder un bloc d’environ 15,5% du capital, elle s’est retrouvée «collée» avec près de la moitié du papier. Soit 59 millions d’actions sur les 128 millions de titres qu’elle était chargée de vendre, ce qui représente 7,16% du capital, a annoncé hier le groupe danois.

L’opérateur danois a été repris il y a six ans en LBO dans ce qui constituait alors la plus grosse acquisition à effet de levier d’Europe. Après le placement de cette semaine, le consortium de fonds, réunis dans la holding NTC, a ramené sa part de 59,1% à 43% du capital. Blackstone, Permira, Apax et Providence Equity Partners auraient cédé des titres, contrairement à KKR.

Lors d’une cession de bloc, la banque achète les titres en proposant à l’émetteur un prix à partir duquel elle pense pouvoir réaliser une marge à la revente. «C’est un métier risqué où l’on gagne peu et ou l’on peut perdre beaucoup. Vu la faiblesse de l’activité sur les marchés primaires actions, certains sont tentés de proposer des prix très agressifs au vendeur pour décrocher le mandat», explique un banquier concurrent. A 43,4 couronnes par action, le prix de revente aux investisseurs n’offrait qu’une décote de 4% par rapport au cours de TDC la veille. Pas assez pour faire le plein d’ordres. Les blocs Eutelsat ou Repsol, cédés avec succès en janvier, affichaient des décotes comprises entre 5% et 6%.

«Morgan Stanley va devoir sortir ces titres de ses livres. Elle devra décider combien de temps elle peut immobiliser du capital pour porter cette position, ou si elle vend en réalisant sa perte», indique Christopher Wheeler, analyste chez Mediobanca. En se basant sur un prix de 43,4 couronnes, la position initiale de la banque vaudrait 2,56 milliards de couronnes (345 millions d’euros). Hier, elle a perdu 0,88%, le titre TDC clôturant à 42,90 couronnes.

La perspective d’un retour de papier sur le marché actions devrait continuer à peser sur l’action du groupe danois, déjà pénalisée par les velléités de sortie des fonds. Ce qui ne fait pas les affaires de Morgan Stanley. Depuis le 1er janvier 2011, TDC cède près de 12% en Bourse.

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