Le pétrolier Repsol souffre des déboires de sa filiale argentine YPF
Filiale à 57,4% de Repsol en Argentine, YPF est dans la ligne de mire de Buenos Aires qui entend mieux valoriser ses réserves d’hydrocarbures. Alors que la facture de pétrole du pays a plus que doublé en 2011 à 9,4 milliards de dollars (7,1 milliards d’euros), le gouvernement argentin fait pression sur les compagnies du secteur pour qu’elles augmentent leur production. Il reproche en particulier à YPF de privilégier le versement de dividendes au réinvestissement de ses bénéfices dans des projets d’exploration-production.
Contrôlant 52% des capacités de raffinage du pays et 1.600 stations-service, YPF s’est déjà vu retirer en un mois seize concessions par une demi-douzaine de provinces, ce qui correspond à «plus de 5% de sa production de brut», selon les analystes de Banco Itau. Les dernières révocations de licences portaient sur trois gisements dans la province de Santa Cruz, jugés très prometteurs par le groupe. Selon la presse locale, l’Argentine envisage de franchir un pas supplémentaire en s’emparant de 50,01% du capital d’YPF, l’Etat rachetant la part de 25,5% détenue par la famille Eskenazi, plus 24,5% auprès de Repsol.
Un tel scénario placerait le pétrolier espagnol dans une situation difficile «en lui laissant une participation de 33% sans contrôle sur la gestion du pétrolier argentin», observent les analystes de Kepler qui anticipent un faible dédommagement, sans exclure une expropriation. Or YPF représentait l’an dernier 42% des réserves d’hydrocarbures de Repsol, 62% de sa production de brut et un quart de son bénéfice d’exploitation. La capitalisation boursière de la filiale, qui s’élève à 8 milliards d’euros, représente 38% de celle du pétrolier espagnol.
Une nationalisation d’YPF «devrait peser sur le profil de crédit de Repsol», jugent donc les analystes crédit de Tullett Prebon. Sa note actuelle (Baa2 avec perspective stable pour Moody’s et BBB avec perspective négative chez S&P) serait difficilement compatible avec le poids accru des activités aval dans son nouveau périmètre de consolidation.
Si Repsol n’avait reçu vendredi aucune notification liée à sa participation dans YPF, le conflit a néanmoins pris un tour politique. Plusieurs ministres espagnols ont déclaré que toute mesure lésant les intérêts des entreprises du pays serait interprétée comme «de l’hostilité envers l’Espagne», l’ambassadeur argentin à Madrid ayant même été convoqué par le ministre des Affaires étrangères.
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