Le pétrole et la technologie dominent le palmarès des capitalisations mondiales
Le classement en euros des plus grandes capitalisations boursières mondiales en cette fin 2011 (voir tableau) reflète une polarisation géographique et sectorielle très marquée de la part des investisseurs. L’aggravation de la crise des dettes souveraines en Europe et les révisions en baisse des perspectives économiques mondiales à partir de l’été dernier ont favorisé aux dix premières places deux secteurs antagonistes, celui de l’énergie considéré comme défensif (Exxon Mobil, PetroChina, Royal Dutch Shell, Chevron) et celui de la technologie à travers des valeurs américaines dites de croissance (Apple, Microsoft, IBM, Google).
En gagnant une place, Apple creuse son avance sur Microsoft rétrogradé d’un rang. Tout comme Wal-Mart, Google revient dans le Top 10 alors qu’ils étaient tombés respectivement à la 15e et 16e place l’an dernier. On notera la sortie du classement du brésilien Petrobras passé du 7e au 21e rang, malgré un biais sectoriel positif. En repli de plus de 20% depuis le début de l’année, le titre pétrolier a en fait été pénalisé par une large désaffection vis-à-vis des marchés émergents qui a entraîné un plongeon de 18% de la valeur boursière des sociétés cotées au Brésil, contre un repli de 12% pour l’ensemble des capitalisations mondiales. La chute est également sévère pour le groupe minier anglo-australien BHP Billiton qui perd dix places d’une année sur l’autre.
Aux côtés de Royal Dutch Shell, le suisse Nestlé est donc la seule autre valeur européenne à rester présente dans ce palmarès. Ceci confirme son caractère défensif malgré un effet de change pénalisant dans un palmarès exprimé en euros. Considérés comme peu cyclique, les groupes pharmaceutiques américains Johnson & Johnson et Pfizer parviennent également à tirer leur épingle du jeu, de même que Coca-Cola qui ferme la marche.
Crise de la dette oblige, seulement deux sociétés financières sont représentées dans ce palmarès, ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) qui gagne une place par rapport à l’an dernier et Berkshire Hathaway qui en perd deux. China Construction Bank, qui figurait en 8e position l’an dernier, disparaît du classement. On remarquera enfin que la valeur d’entreprise de ces sociétés est souvent proche de leur capitalisation boursière, à l’exception des américains General Electric, AT&T et Wal-Mart, davantage endettés.
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