«Le PER à 12 mois de la Bourse européenne est proche de sa moyenne de long terme»

Christian Parisot, responsable de la recherche économique chez Aurel BGC
Bruno de Roulhac

- L’Agefi: Pourquoi anticipez-vous une quasi-stagnation de l’Euro Stoxx 50 à horizon un an ?

- Christian Parisot: Les perspectives 2014 s’annoncent compliquées. La question est de savoir si «toutes les bonnes nouvelles» ne sont pas déjà dans la valorisation du marché en cette fin 2013. Le PER à 12 mois de la Bourse européenne est proche de sa moyenne de long terme et au-dessus de son niveau d’avant la crise. Il n’y a pas de «bulle», mais les analystes continuent de réviser à la baisse leurs projections de résultats des entreprises. Difficile de payer très cher des profits tant qu’une dynamique de révision à la hausse des bénéfices des entreprises n’est pas visible.

- Le discours des banques centrales peut-il encore soutenir la valorisation du marché actions ?

- 2014 sera l’année du tapering aux Etats-Unis. Mais, clairement, les taux directeurs resteront propres de 0% des deux côtés de l’Atlantique. Ils ne seront pas remontés en 2014. Cet élément est clairement un soutien pour les actifs risqués. Faute de rémunération correcte sur la partie courte, jusqu’à 2 ans, les investisseurs à la recherche de rendement doivent prendre plus de risques. Toutefois, il existe deux freins. Le discours des banquiers centraux s’explique par le risque de déflation dans les deux économies, un discours peu favorable à la Bourse. Soit les banquiers centraux se trompent et l’activité économique va progressivement accélérer. La remontée des taux longs peut être violente et pénaliser la Bourse. Soit le scénario de déflation se concrétise, une mauvaise nouvelle pour le chiffre d’affaires pour les entreprises… Le chemin est «étroit» pour les banques centrales et les investisseurs.

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