Le PDG de Repsol cherche à contrer les plans du couple Sacyr-Pemex
L’affaire Repsol suscite de plus en plus d’inquiétudes en Espagne. Déterminé à obtenir une «maximalisation de leur représentation dans les organes d’administration et de gestion de Repsol, en accord avec le poids de leurs participations», le couple Sacyr-Pemex pourrait en effet prendre le contrôle de la compagnie pétrolière sans être obligé de lancer une OPA sur la totalité du capital d’un groupe pesant 25 milliards d’euros. En s’associant la semaine dernière, le groupe espagnol de BTP et la compagnie pétrolière mexicaine détiennent en commun 29,8% de Repsol, soit 0,2 point en dessous du seuil des 30% qui les obligerait, selon la loi espagnole, à lancer une OPA. Dans un communiqué, Sacyr et Pemex ont déclaré vouloir «séparer les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur exécutif», une demande interprétée comme une attaque contre Antonio Brufau, le président exécutif de Repsol.
Des sources industrielles rapportent que depuis l’entrée de Sacyr dans le capital de Repsol en 2006, Luis del Rivero, le PDG du groupe de BTP, est en désaccord avec la gestion d’Antonio Brufau. «A. Brufau s’est fortement opposé aux pressions de son actionnaire principal pour augmenter le dividende et la vente de ses actifs», indiquent ces sources. Selon elles, «L. Del Rivero souhaiterait vendre des actifs de Repsol pour débloquer les fonds qui lui permettrait d’obtenir les garanties nécessaires à la renégociation d’un crédit qui arrive à échéance cette année. Sacyr avait notamment obtenu en 2007 un financement de 5 milliards d’euros pour sa participation de 20% dans Repsol».
Quant à Pemex, c’est la technologie d’exploration de Repsol en eaux profondes qui l’intéresse vivement, ce qui convertirait l’allié le plus ancien de la pétrolière «en proche rival». Des rumeurs courent également sur la vente des actifs de Repsol en Amérique latine et sur celle de sa participation dans Gas Natural, estimée à 4 milliards d’euros.
La compagnie pétrolière espagnole est bien décidée à «protéger les intérêts de tous ses actionnaires, et ceci à 100%», déclare un porte-parole de la compagnie. Selon la presse espagnole, Antonio Brufau étudie en détail le document de 18 pages envoyé par le couple Sacyr-Pemex afin de détecter un quelconque vice de forme susceptible de violer la loi sur les OPA.
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