Le PDG d’Altran s’appuie sur le premier trimestre pour légitimer son maintien à la présidence
Rarement un chiffre d’affaires trimestriel aura été autant stratégique pour Altran. Publiées cinq jours seulement après l’annonce de la volonté d’Apax, le premier actionnaire du groupe, de changer la tête de la société de conseil, les ventes du premier trimestre pouvaient en effet constituer un bon soutien pour le PDG Yves de Chaisemartin. Une occasion que le dirigeant n’a d’ailleurs pas laissé passer: «Peut-être que ces bons chiffres (387,7 millions d’euros, en hausse de 10,3%, ndlr) pourront faire réfléchir les uns et les autres», a ainsi lancé Yves de Chaisemartin, dans une interview à Reuters. Une façon de rappeler aux actionnaires, qui ont son destin entre leurs mains, le chemin parcouru par la société.
L’AG du 10 juin devra en effet se prononcer sur la nomination de deux nouveaux administrateurs, l’un représentant Apax, Monique Cohen, l’autre, Philippe Salle, appelé à occuper le poste de PDG, alors que le fonds d’investissement se dit insatisfait des résultats du groupe et de son développement à l'étranger. La semaine dernière, Yves de Chaisemartin avait indiqué à L’Agefi qu’il déposerait de son côté une liste d’administrateurs afin de préserver l’équilibre du conseil d’administration. Les noms de ces derniers ne sont pas encore connus.
Pour l’instant, le rapport de force est en faveur d’Apax. Le concert formé par le fonds d’investissement et les fondateurs d’Altran, Alexis Kniazeff et Hubert Martigny, détient 28,83% du capital et 31,2% des droits de vote. Or, si le quorum se maintenait au niveau des 50% réunis lors des deux dernières AG, cette position donnerait la majorité à Apax. En face, le solde du capital d’Altran est totalement éclaté depuis qu’Axa PE a cédé sa participation de 5,2% l’an dernier. A titre personnel, Yves de Chaisemartin détient 158.000 actions Altran, soit 0,1% du capital.
Cette «joute managériale», comme l’écrivent les analystes d’Oddo Securities, «pourrait donner un second souffle au redressement d’Altran, quel qu’en soit le résultat». Si l’équipe actuelle reste en place, «elle devrait être fortement incitée à encore accélérer la ‘recovery’». Si Philippe Salle prend les commandes, il pourrait «ouvrir une nouvelle voie» principalement vers l’international. Hier, le cours de l’action Altran a terminé en hausse de 3,38 % à 5,510 euros.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
- Le Crédit Agricole lance avec Amundi son offensive dans le capital naturel
- La France recule au 29ᵉ rang mondial du classement retraite de Natixis IM
- L’Europe lance un Pacte des investisseurs institutionnels européens pour la tech européenne
- Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant