Le parfumeur Coty se lance à l’assaut d’Avon pour quadrupler de taille

Affaibli, Avon a refusé une première offre de 10 milliards de dollars. Mais Coty n’a pas dit son dernier mot et demande l’ouverture de négociations
Olivier Pinaud

Affaibli par une chute de 15% de son bénéfice net en 2011, décrédibilisé par une enquête pour des pratiques supposées de corruption en Chine, et déstabilisé par le départ annoncé de son directeur général Andrea Jung, le groupe américain de vente de produits de beauté Avon risque d’avoir du mal à se défaire des griffes de Coty. Ce dernier, détenu par le holding Joh. A. Benckiser de la famille allemande Reimann, offre 10 milliards de dollars pour s’emparer d’Avon.

Le prix pourrait être relevé si le groupe américain accepte d’ouvrir ses livres à Coty et si Avon démontre alors que les 10 milliards de dollars ne le valorisent pas assez. Si le projet aboutit, il s’agirait de la plus importante transaction dans le secteur depuis le rachat de Gillette par Procter & Gamble en 2005.

«Nous ne comprenons pas comment votre refus de discuter de notre proposition peut servir au mieux les intérêts des actionnaires d’Avon», s’est étonné le président de Coty, Bart Becht, dans la dernière des trois lettres envoyées à la direction du groupe américain. Face à ces refus répétés, Coty a donc décidé de porter l’affaire sur la place publique. Avon y a trouvé peu de soutien hier. Il faut dire que l’action de l’américain a perdu la moitié de sa valeur depuis un an et demi et que l’entreprise ne vaut plus que 8 milliards de dollars, contre 21,8 milliards au plus haut en juin 2004.

«C’est une opportunité que le conseil devrait sérieusement prendre en considération», a lancé l’analyste de Sanford C. Bernstein. Estimant l’offre de Coty «pas excessivement basse», à environ 9 fois l’Ebitda, il s’attend néanmoins à un relèvement de celle-ci. Selon la base de données Bloomberg, le multiple médian des transactions dans le secteur s’élève à 10,8 fois l’Ebitda.

Habitué aux acquisitions, Coty se lancerait néanmoins dans une opération risquée. Numéro un mondial des parfums grand public, grâce à une panoplie de licences avec des «stars» (Lady Gaga, Madonna...) et des marques (Adidas...), le groupe réalise 4 milliards de dollars de chiffre d’affaires, trois fois moins qu’Avon. Pour répondre aux inquiétudes, la direction du groupe a expliqué que le financement de l’opération était assuré par BDT & Co et par JPMorgan. Fondé en 1904 par le Français d’origine corse François Coty, il avait fait entrer l’an dernier les fonds Berkshire Partners et Rhône à son capital aux côtés de Joh. A. Benckiser.

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