Le nouvel avertissement de Vestas sape la crédibilité de la direction
Leader mondial des éoliennes, Vestas a bien du mal à gérer son carnet de commandes et ses coûts. Le fabricant danois, qui vient de faire un deuxième avertissement sur ses résultats 2011 en moins de 3 mois, met en avant le report de livraisons portant sur 400MW pour revoir en baisse son chiffre d’affaires annuel à 6 milliards d’euros (contre 6,4 milliards attendus fin octobre), ce qui aura un effet négatif d’environ 130 millions sur son bénéfice d’exploitation.
Celui-ci sera également pénalisé par «des charges plus importantes que prévu totalisant 125 millions d’euros», dont 100 millions liés aux coûts d’industrialisation d’une nouvelle turbine. La marge d’exploitation devrait donc ressortir nulle sur l’ensemble de l’exercice écoulé, contre une prévision de 4% annoncée le 30 octobre et un objectif initial de 7% correspondant à 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Très volatile en raison du manque de fiabilité des prévisions du groupe, l’action a chuté de 19,2% hier à 56,25 couronnes à Copenhague, au plus bas depuis juin 1999. Malgré une valorisation fondamentalement attrayante, Julien Desmaretz, analyste chez Brian Garnier, estime que «le principal obstacle à une revalorisation du titre tient à sa direction actuelle» et qu’un changement de management lors de l’assemblée générale du 29 mars prochain serait un catalyseur important pour le cours de Bourse.
Soulignant que les 400 millions de revenus manquants, émanant avant tout de sa clientèle européenne, seront décalés au premier trimestre 2012, Vestas a confirmé «un cash-flow libre positif en 2011» et des prises de commandes de 7,4 GW en ligne avec ses prévisions. Il ajoute que les problèmes de production rencontrés sur le site de Travemünde en Allemagne sont «en cours de résolution» et qu’ils ne devraient donc «pas avoir d’effets négatifs sur l’activité du groupe en 2012».
Les fabricants occidentaux d’éoliennes (Vestas, Gamesa, General Electric…) souffrent néanmoins de la concurrence des nouveaux entrants asiatiques et de la baisse des subventions publiques destinées aux énergies renouvelables en Europe et aux Etats-Unis. Dans ce contexte, Vestas, qui a exclu toute augmentation de capital, va présenter dès le 12 janvier «les changements importants apportés à l’ensemble de son organisation», la publication de ses comptes annuels étant prévue le 8 février.
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