Le nouveau régime américain des «tax inversions» fait des vagues
Les nouvelles mesures prises par Washington pour contrer les fusions-acquisitions à but fiscal produisent leurs premiers effets. L’américain Salix Pharmaceuticals et l’italien Cosmo Technologies ont renoncé à leur mariage.
«Lorsque nous avons annoncé notre accord de fusion en juillet, nous pensions que ce rapprochement générerait une valeur significative pour nos actionnaires grâce à l’apport de produits clés à notre portefeuille de produits en développement et grâce à une structure plus efficace qui renforcerait notre rentabilité, explique Carolyn Logan, PDG de Salix. Depuis, la modification de l’environnement politique a créé plus d’incertitudes sur les avantages potentiels que nous pensions atteindre». Conformément aux termes de leur accord, Salix versera 25 millions de dollars de dédommagement à Cosmo.
Il était prévu que Salix – pourtant beaucoup plus gros, puisqu’il devait détenir 80% du nouvel ensemble – fusionne avec la filiale irlandaise de Cosmo afin de bénéficier du régime des «tax inversions» qui permet à une société américaine de se délocaliser dans le pays de la cible pour bénéficier d’un taux d’imposition plus avantageux. Or, face à un regain d’opérations de ce type, le Trésor américain, qui voit ainsi partir une manne considérable hors des Etats-Unis, a décidé de mettre rapidement le holà. Depuis le 23 septembre, les conditions d’obtention des «tax inversions» ont été considérablement durcies.
En annonçant le rachat de Cosmo, Salix avait dû faire face à la fronde d’actionnaires opposés à cette opération jugée défensive et militant pour une vente de Salix. Le dossier devrait donc revenir sur la table. Dans cette perspective, le titre Salix rebondissait de 2% en séance vendredi. Des contacts avec Actavis ont déjà eu lieu et pourraient s’intensifier dans les prochains jours. En revanche, les discussions entamées l’automne dernier avec Allergan – que Valeant essaie désespérément de racheter – seraient au point mort.
Vendredi soir, l’américain Medtronic a également précisé qu’il modifierait la structure de financement d’acquisition de l’irlandais Covidien pour 43 milliards de dollars en cash et en titres, afin de s’adapter au nouveau régime des «tax inversions». Ainsi, Medtronic lèvera 16 milliards de dollars de dette au lieu d’utiliser la trésorerie détenue par ses filiales étrangères et non fiscalisée.
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