Le niveau de gouvernance s’est homogénéisé mais ne progresse plus

La moitié des entreprises cotées affiche une gouvernance satisfaisante selon le baromètre Ernst & Young. Les « midcaps » avancent lentement
Bruno de Roulhac

Nos pratiques de gouvernance constituent un élément de compétitivité de la France», a déclaré Daniel Lebègue, président de l’Institut français des administrateurs (IFA), à l’occasion de la quatrième journée annuelle des administrateurs. Dans son panorama 2011 de la gouvernance des sociétés cotées, Ernst & Young constate le bon niveau de maturité des groupes français par rapport à leurs homologues européens.

Selon l’étude, 50% des entreprises affichent une gouvernance satisfaisante. Une notation stable par rapport à 2010, mais avec des efforts significatifs de transparence et d’exhaustivité dans l’information. Ce niveau recule de 83% à 80% pour les grandes capitalisations, et progresse de 17% à 19% pour les «midcaps». Toutefois, les sociétés ayant une gouvernance très faible régressent de près de 10 points à 20%.

Si les conseils se sont féminisés et ont davantage de membres indépendants (55% contre 61% au Royaume-Uni et 40% en Italie), l’âge moyen des administrateurs et la durée des mandats restent stables. «La meilleure manière d’être indépendant est d’exercer une profession» souligne Maryse Aulagnon, PDG d’Affine, alors que certains anticipent de plus en plus d’administrateurs de métier. «Les administrateurs sont les conseils, les meilleurs et les moins chers, ajoute Frédéric Bedin, membre du comité directeur de CroissancePlus. Toutefois, les entreprises de croissance, souvent confrontées à des problématiques de financement, font entrer au conseil des financiers, qui parfois prennent trop de poids. L’entreprise ne doit pas être le bras armé des investisseurs».

Désormais, 50% des entreprises du SBF120 contre 28% en 2010 ont un vice-président ou administrateur référent, qui «permet de challenger le président», note Frédéric Bedin.

Alors que les conseils se réunissent entre 6 et 8 fois par an (un rythme stable), la rémunération des administrateurs a légèrement diminué. Elle s'élève en moyenne à 49.000 euros dans le CAC 40 et à 12.000 euros dans les PME cotées. Des jetons «très inférieurs à ceux du monde anglo-saxon», souligne Laurence Dors, administrateur de Crédit Agricole SA. Et encore 19% des valeurs moyennes ne versent pas de jeton de présence. En Allemagne, un débat a lieu pour lier la rémunération des administrateurs à la performance de l’entreprise.

La Commission européenne publiera dans les prochaines semaines la synthèse de la consultation sur son livre vert et devrait émettre des recommandations.

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