Le mobile bouscule l’industrie des semi-conducteurs
Le secteur des semi-conducteurs vient de connaître une petite révolution. Depuis la semaine dernière, l’américain Intel n’est plus la première capitalisation boursière du secteur. Le fabricant des microprocesseurs qui équipent plus de 80% des ordinateurs de la planète, a été supplanté par son compatriote Qualcomm. L’événement illustre à double titre la mutation subie par le secteur ces dernières années.
Spécialisé initialement dans les puces pour téléphones mobiles, Qualcomm profite aujourd’hui pleinement de l’expansion du marché des appareils de nouvelle génération, toujours plus riches en électronique. Selon Paul Jacobs, le directeur général du groupe américain, Qualcomm va continuer à croître de plus de 10% par an au cours des cinq prochaines années essentiellement grâce au dynamisme du segment des «smartphones».
Le dirigeant estime que le nombre d’appareils vendus représentera 5 milliards en cumulé entre 2012 et 2016. Parallèlement, les tablettes afficheront 41% de croissance par an jusqu’en 2016, avec plus de 650 millions d’unités vendues cette année-là, soit quasiment deux fois la taille du marché mondial actuel des ordinateurs dont les ventes ne cessent de s’éroder (-4% estimés par Gartner pour 2012).
Ces deux nouveaux marchés convergents ont permis à Qualcomm, et aux autres fournisseurs de puces de communication comme Broadcom, de venir concurrencer le géant Intel, indéboulonnable sur le segment des ordinateurs. D’autant que ces groupes, souvent plus jeunes, présentent des modèles économiques plus adaptés au marché actuel des semi-conducteurs.
Concentré sur la conception et le marketing, Qualcomm confie la production de ses puces à des sous-traitants asiatiques. Une organisation «sans usine» (fabless) nettement moins intensive en capital que celle d’Intel, qui intègre encore toute la chaîne, du design à la fonderie. Résultat, quand Intel investit 10 milliards de dollars par an, Qualcomm se contente de dix fois moins.
Ce modèle «fabless» ou tout du moins «asset light» est aujourd’hui suivi par tous les groupes de semi-conducteurs. AMD, le concurrent d’Intel dans les microprocesseurs, a vendu en 2008 ses usines de fabrication au fonds souverain d’Abou Dhabi. STMicroelectronics, qui annoncera un nouveau plan stratégique début décembre, devrait accroître un peu plus son recours à la sous-traitance pour produire ses puces.
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