Le minerai de fer canadien fait l’objet d’une bataille boursière à rebondissements
ArcelorMittal pensait avoir repris les devants. Après avoir prolongé in extremis dans la nuit de mercredi à jeudi son offre amicale sur Baffinland sans en modifier les conditions, ArcelorMittal a de nouveau communiqué dès le lendemain pour relever une nouvelle fois le prix offert par titre, de 1,25 à 1,40 dollar canadien. En novembre, le groupe offrait 1,10 dollar par action. Le prétendant propose ainsi désormais au total 411 millions d’euros aux actionnaires du spécialiste canadien du minerai de fer, enjeu stratégique d’approvisionnement pour le numéro un mondial de la sidérurgie. Aucun porte-parole d’ArcelorMittal n’était joignable vendredi après-midi pour commenter cette annonce, qui a eu l’effet immédiat de propulser le titre Baffinland au-delà du prix offert à Totonto, à 1,45 dollar. Rien n’est donc joué, après que le cours a déjà doublé l’an passé.
Cette sortie en deux temps du groupe luxembourgeois la semaine passée ne constitue en effet qu’un épisode d’une bataille boursière l’opposant à Nunavut, un véhicule d’investissement tout spécialement créé en août par l’américan Iron Ore Holdings avec l’appui du fonds Energy and Minerals Group. Mais dans cette partie de poker menteur, Nunavut a abattu une nouvelle carte vendredi soir en relevant son offre, de 1,40 à 1,45 dollar canadien par titre.
Nunavut, qui détient déjà 10,5% des titres Baffinland, ne vise certes toujours que 60% du capital, contre la totalité pour ArcelorMittal, qui n’a pas manqué de tirer à boulets rouges vendredi sur l’issue incertaine pour les actionnaires de la cible que prometl’offre «partielle coercitive» de son rival. Les deux offres expirent le 10 janvier à minuit, heure de Toronto.
Il est vrai que l’acquisition de Baffinland et de ses gisements dans l’arctique canadien permettrait à ArcelorMittal de franchir un pas vers son objectif d’autosuffisance à 80% en minerai de fer. Le groupe, qui dispose d’un imposant trésor de guerre, a fait savoir en septembre être susceptible de dépenser 3 milliards d’euros pour porter sa production annuelle à 100 millions de tonnes d’ici 2015. Vendredi, le sidérurgiste a assuré avoir noué des accords d’apport portant sur 25% du capital de Baffinland, et s’est réservé la possibilité de prolonger à nouveau son offre.
Plus d'articles du même thème
-
Les actifs financiers saluent les résultats des «midterms»
La large victoire démocrate tend à diminuer les risques d’un conflit trop long en Iran, donc de cours du pétrole durablement élevés, avec les conséquences positives que cela pourrait avoir sur les taux, et par ricochet sur les actions. Les risques de persistance du déficit budgétaire américain sont occultés. Pas les possibles rééquilibrages sectoriels. -
Le coût de financement obligataire s’envole pour Meta
La maison mère de Facebook a placé 15 milliards de dollars et 9 milliards d’euros d’obligations au cours des deux derniers jours. La demande a été importante grâce à des concessions élevées sur le coût du financement, notamment pour la transaction inaugurale en euro. -
Les PMI chinois sont en repli en octobre
Contrairement aux attentes, l’indice PMI RatingDog de la Chine pour les services recule, un phénomène nouveau qui suggère que l’activité n’est pas aussi dynamique qu’elle semblait l’être.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Malgré la débâcle de Donald Trump, le risque de guerre avec l'Iran toujours au plus haut
Les dirigeants iraniens jubilent face aux résultats des élections de mi-mandat, mais rien ne garantit que Donald Trump ne lancera pas une nouvelle offensive contre la République islamique -
TsunamiDonald Trump battu : ce qui attend l'Europe
Avec le contrôle de la Chambre et du Sénat, les démocrates auront des leviers pour canaliser la politique étrangère de Donald Trump. Mais ce contre-pouvoir ne changera ni son désir de conclure un deal en Ukraine, ni son hostilité envers le Vieux Continent -
Déroute de TrumpMidterms : le temps d’une nuit, centristes et socialistes du parti démocrate ont fait front commun
Les jeunes des Democratic Socialists of America trinquent à la victoire des démocrates à travers le pays. Y compris ceux qu’ils accusaient hier d’être « trop mous » face à Donald Trump et trop modérés. Mais la fête finie, la bataille pour le parti commence