Le milliardaire chinois Li Ka-Shing rôde autour de l’opérateur irlandais Eircom
Le milliardaire chinois Li Ka-Shing poursuit son offensive en Europe. Après avoir mis la main l’an dernier sur le distributeur d’eau britannique Northumbrian Water pour 3,9 milliards de dollars, puis sur la filiale autrichienne d’Orange pour une valeur d’entreprise de 1,3 milliard d’euros, son holding Hutchison Whampoa rôde autour de l’opérateur de télécoms irlandais Eircom, en redressement judiciaire. Econduit une première fois en avril, le conglomérat hongkongais aurait formulé une nouvelle offre de reprise, d’un montant de 2 milliards d’euros. Le groupe n’a pas fait de commentaire. Hutchison est déjà présent dans les télécoms en Irlande via son opérateur 3 Mobile. Il opère également sous cette marque en Grande-Bretagne et en Italie.
Incapable de payer une dette qui culmine à 3,75 milliards d’euros, la principale filiale du groupe de Dublin a été placée sous la protection de la justice le 30 mars dernier. A charge pour l’administrateur judiciaire de trouver un accord avec les créanciers ou avec un repreneur. Le montant et les conditions suspensives de la première offre formulée par Hutchison Whampoa en avril avaient incité l’administrateur à la rejeter. Le comité des créanciers avait unanimement soutenu cette décision. Dirigé par Blackstone, le comité des créanciers seniors a proposé mi-mars une solution de refinancement d’Eircom: annuler 15% de leurs 2,6 milliards d’euros de dette contre la prise de contrôle du capital. Une nouvelle réunion du comité des créanciers est prévue aujourd’hui. Il devrait se prononcer sur la nouvelle offre d’Hutchison.
Eircom est détenu depuis 2010 par Singapore Technlogies Telemedia, un satellite du fonds souverain de Singapour Temasek. Sa dette a été en partie héritée du rachat avec effet de levier (LBO) réalisé en 2006 par Babcock & Brown. En treize ans, Eircom a changé cinq fois d’actionnaires de référence. L’opérateur a été pris en étau entre sa dette d’acquisition et la chute de son activité liée à la crise irlandaise. Lors de l’exercice 2010-2011, le chiffre d’affaires de sa principale filiale opérationnelle a chuté de 8% à 1,68 milliard d’euros. Son excédent brut d’exploitation a baissé de 4% à 647 millions. Et 2,8 milliards d’euros de provisions et de dépréciations d’actifs ont entraîné une perte d’exploitation de 2,8 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Horse Powertrain prévoit de s’implanter sur le marché indien
La coentreprise entre Renault et Geely veut tirer parti d’un assouplissement fiscal destiné à favoriser la vente de véhicules compacts dans le pays le plus peuplé du monde. -
Les entreprises s'organisent pour passer de l’expérimentation de l’IA à l’industrialisation
Evaluer la maturité de l’entreprise, construire une gouvernance IA solide, s’appuyer sur un conseil d’administration éclairé constituent des gages de la réussite. -
La BCE devrait encore donner sa chance à une désescalade
Après leurs discours très restrictifs du mois de mars, une majorité de gouverneurs ont communiqué dans le sens d’un statu quo pour la réunion monétaire du 30 avril. Même si l’annonce d’un cessez-le-feu n’a toujours pas permis de débloquer le détroit d’Ormuz et de diminuer les prix du pétrole.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Un fauteuil pour deuxFrançois Hollande ou Raphaël Glucksmann, le dilemme qui monte au PS
Ce lundi, le leader de Place publique doit rencontrer Olivier Faure avec une question simple en tête : à qui ira sa préférence pour la présidentielle ? D’un côté, un ancien président contre lequel le PS d’après 2017 s’est reconstruit. De l’autre, un leader fort de son score aux européennes, mais toujours pas socialiste d’appellation contrôlée -
Tout compte faitCAN, Coupe du monde de football : qu'y a-t-il derrière les projets vitrines du Maroc ?
L'Etat marocain voit ces grands événements comme des accélérateurs de développement. Mais il faudra encore prouver qu'ils répondent aux besoins du pays, après les grandes manifestations de la Gen Z 212 en octobre. -
EditorialLe livre et la lecture, un paradoxe français
L'effondrement de la lecture chez les jeunes n’est pas le moindre des paradoxes, dans un pays où le livre est à ce point fétichisé dans le monde politico-médiatique