Le Mexique engage la libéralisation de son industrie pétrolière et gazière
Afin de stimuler une production d’hydrocarbures qui n’a cessé de décroître depuis 2004, le Mexique s’apprête à donner un coup de canif à la domination sans partage exercée depuis 75 ans par le géant public Pemex (Petroleos Mexicanos). Bien qu’il ne soit pas question de privatiser la compagnie ou d’aliéner les réserves pétrolières du pays, le président mexicain Enrique Pena Nieto vient de proposer d’amender l’article 27 de la Constitution, afin d’autoriser des groupes privés à former avec Pemex des coentreprises dans l’amont pétrolier et de mettre en place des contrats de partage de bénéfices. Le projet de révision constitutionnelle prévoit également de modifier l’article 28, pour permettre à Pemex de s’associer à des sociétés privées dans le raffinage, la pétrochimie et le stockage d’hydrocarbures.
Exxon Mobil, Chevron, Royal Dutch Shell ou Repsol ont déjà exprimé leur intérêt à participer à l’exploration des réserves du pays, estimées à 115 milliards de barils équivalent pétrole, soit l’équivalent de celles du Koweït. Plus de la moitié des gisements mexicains sont constitués d’hydrocarbures non conventionnels comme les gaz de schiste. Troisième plus important exportateur de brut vers les Etats-Unis, Pemex a reversé l’an dernier au fisc mexicain l’équivalent de 70 milliards de dollars, soit 55% de son chiffre d’affaires. Son directeur général Emilio Lozoya estime que l’adoption rapide de cette réforme pourrait aboutir à la création de 500.000 emplois nouveaux d’ici à 2018, terme de la mandature présidentielle actuelle.
Salué par le Fonds monétaire international, ce projet a été relativement bien accueilli par Union, le syndicat ouvrier de Pemex, qui «respectera les décisions du Congrès permettant de renforcer et de moderniser» l’entreprise, tout en veillant à ce que «les droits des salariés soit scrupuleusement respectés». Jugeant ces propositions un peu timides par rapport à celles du PAN, principal parti d’opposition, qui préconisait le mois dernier la mise en place de contrats de concession, les analystes de Société Générale ajoutent que la réforme pourrait néanmoins être votée «d’ici à la fin de l’année», le PAN ayant conditionné son soutien à l’adoption parallèle d’une réforme électorale, et qu’elle pourrait fournir «une nouvelle source d’investissements directs significatifs vers le Mexique».
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