Le marché s’enthousiasme pour le projet de scission de Carrefour
Les analystes valorisent Dia, la branche hard discount, entre 3 milliards d’euros aujourd’hui et 7 milliards dans deux ans
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Bruno de Roulhac
La confirmation en séance des rumeurs de scission de Carrefour a permis au titre du distributeur de rebondir de 5,33% à 35,78 euros, avec plus de 1% du capital échangé. Alors que Le Figaro dévoilait hier matin les intentions du groupe de se scinder en trois sociétés cotées, en séparant ses branches immobilier (Carrefour Property) et hard discount (Dia), Carrefour a reconnu «étudier différents projets pouvant mener à une mise sur le marché de certains actifs ». Des projets qui seront soumis au conseil d’administration. Ce pourrait être le 2 mars prochain, lors de la réunion validant les comptes 2010.
L’hypothèse d’une cotation du hard discount est bien accueillie par les analystes. «Pour Dia, nous croyons qu’une IPO ferait sens, note CA Cheuvreux. Nous voyons la possibilité d’accélérer le développement, en particulier en Turquie, Brésil ou Argentine». Toutefois les valorisations diffèrent selon les gestions. Une valorisation «sur la base de 15 fois l’Ebit [estimé à 200 millions pour 2010] nous donnerait un chiffre de 3 milliards d’euros», relève Aurel BGC. Pour Oddo, sur la base d’un Ebit 2010 de 335 millions, et d’un ratio de 11 fois, Dia «pourrait prétendre facilement à une valorisation de 3,6 milliards d’euros». Et en supposant «une amélioration de la marge d’Ebit à 2 ans (2% aujourd’hui, un faible niveau), Dia pourrait être valorisé 5 à 7 milliards d’euros», ajoute CA Cheuvreux.
En revanche, les analystes sont plus réservés sur l’opportunité de coter Carrefour Property, valorisé 11 milliards d’euros fin 2009, bien que Carrefour ait confirmé hier qu’il en conserverait le contrôle. «Le risque, à terme, est de faire peser des charges opérationnelles peut-être trop lourdes pour les hypermarchés européens du groupe, face à des concurrents, notamment en France, qui disposent d’une maîtrise totale de leur immobilier», explique Oddo. De plus, cette cotation «se traduira pas l’apparition d’une décote sur Carrefour Distributions (les actifs opérationnels)», ajoute CM CIC. Le projet de devrait guère être créateur de valeur, mais permettra une remontée des dividendes».
Au global, «cette stratégie pourrait amener un surcroît de valorisation de 3 à 4 euros par titre Carrefour», note Oddo. En attendant, «nous sommes sceptiques sur la capacité à créer de la valeur immédiatement avant tout signe de forte amélioration des hypermarchés européens», relativise Kepler.
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