Le marché se félicite de la scission de Kraft en deux entités
Après des années d’expansion géographique et d’acquisitions, Kraft Foods a décidé de se scinder en deux entités distinctes d’ici à la fin 2012. Une annonce saluée par le marché. La première entité se concentrera sur la confiserie (notamment les biscuits Oreo et LU, les chocolats Cadbury et Milka, et les boissons en poudre Tang) et les collations (snacks), une activité à forte croissance dans le monde, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 32 milliards de dollars. Environ 75% de ses revenus proviendraient de l’activité snacks à travers le monde, et 42% seraient enregistrés sur les marchés émergents. La seconde regroupera les activités à marge élevées d’épicerie (boissons, fromages, repas à emporter, etc.) en Amérique du Nord, avec un chiffre d’affaires estimé à 16 milliards de dollars.
«Compte tenu des priorités d’investissement différentes et des trajectoires de croissance des deux activités, cette scission a beaucoup de sens», estime le bureau d’analyse Sanford C. Bernstein. Pour sa part, Warren Buffet, principal actionnaire de Kraft avec 6% du capital, s’est déjà déclaré favorable à l’opération.
Pour Kraft, chaque entité pourra ainsi se concentrer sur ses propres priorités stratégiques, avec des objectifs financiers adaptés à ses marchés et à ses opportunités. Ces politiques distinctes devraient également permettre d’optimiser le rendement pour les actionnaires, explique le groupe américain. Afin de permettre à chaque entité d’avoir facilement accès aux marchés de dette, Kraft prévoit des ajustements des structures de capital pour que l’une et l’autre conservent une notation en catégorie investissement. Le groupe se donne douze mois pour réaliser la scission.
Ce projet intervient après une série d’annonce de scissions, notamment celle de Fortune Brands, qui séparera ses produits ménagers de ses spiritueux; ou encore celle de Sara Lee, qui prévoit de scinder son pôle boissons.
Parallèlement à cette annonce, Kraft a dévoilé un bénéfice trimestriel au-dessus des attentes, et a relevé ses objectifs pour 2011. Le groupe américain table désormais sur une croissance organique des ventes d’au moins 5% (au moins 4% auparavant) et sur un bénéfice opérationnel par action d’au moins 2,25 dollars, contre 2,20 dollars attendus précédemment.
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