Le marché joue la surenchère sur le Club Méditerranée
L’OPA de Global Resorts sur le Club Méditerranée va pouvoir suivre son cours. Dans une décision rendue publique hier, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a jugé recevable le projet déposé fin juin par le consortium dirigé par l’investisseur italien Andrea Bonomi. L’AMF arrêtera dans les prochains jours le calendrier officiel de l’offre. Elle devrait se terminer autour du 11 septembre. De quoi laisser au duo Fosun-Ardian, dont l’OPA initiale a été balayée par Global Resorts, le temps de contre-attaquer.
Le marché, lui, joue déjà un relèvement du prix : hier, le cours de l’action Club Med a terminé à 21,45 euros, au-dessus des 21 euros proposés par Global Resorts. Le titre du groupe de villages de vacances n’est jamais tombé en dessous de ce niveau depuis l’officialisation fin juin de l’OPA élaborée par Andrea Bonomi, avec le soutien de Lazard et d’UniCredit. Gaillon Invest, le véhicule d’investissement regroupant Fosun, Ardian ainsi que les principaux dirigeants du Club Med, a la possibilité de surenchérir au plus tard cinq jours avant la fin de l’offre de Global Resorts. Gaillon Invest est conseillé par la Société Générale, le Crédit Agricole et Natixis.
Fin juillet, après avoir pris connaissance de la contre-attaque d’Andrea Bonomi, Fosun et Ardian avaient reconnu réfléchir à leurs options. Pour les deux fonds, le mouvement ne serait évidemment pas anondin. Leur projet d’OPA initial, annoncé en mai 2013, avait été fixé à 17,5 euros par action. Or, pour contrer Global Resorts, Gaillon Invest doit proposer au minimum 2% de mieux, soit 21,42 euros par action. Cela représenterait alors un surcoût de 22%, sans compter la nécessité de relever également l’offre portant sur les Oceane.
Néanmoins, le prix de 21 euros offert par Global Resorts ne paraît pas suffisant pour tuer toute contre-attaque. Bien que jugé équitable, cette offre se situe en milieu de la fourchette de valorisations, allant de 17,8 à 25,1 euros, et ne présente pas de prime, note Associés en Finance. L’expert indépendant mandaté par Global Resorts explique cette absence de prime par «l’absence de synergies». Associés en Finance estime en fait que l’ampleur de la surenchère d’Andrea Bonomi est «cohérente avec le prix de l’offre précédente du fait de la hausse des multiples, et de la baisse des taux d’actualisation, durant les treize mois passés».
De son côté, s’il a considéré le prix équitable, le conseil d’administration du Club Med a émis des réserves sur la stratégie proposée par Global Resorts. Conseillé par Rothschild, le conseil «considère que le projet de Global Resorts présente des interrogations quant à sa capacité à exécuter la stratégie décrite, et pourrait aller jusqu’à présenter des risques si sa mise en œuvre venait à altérer le modèle et les fondamentaux du Club Méditerranée qui font sa spécificité». Le projet de Global Resorts envisage par exemple de relancer les villages de vacances «trois tridents» alors que le groupe s’est efforcé ces dernières années de privilégier les formats de qualité supérieure. Le cabinet Roland Berger, mandaté par le conseil, avait également jugé peu pertinent et risqué de remettre en cause l’offre all-inclusive inventée par le Club Med. Il s’interrogeait également sur la conséquence qu’aurait un rachat par Global Resorts sur le partenariat avec Fosun en Chine.
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