Le marché est prêt à financer des acquisitions par augmentation de capital
Les investisseurs ont rarement été aussi ouverts à participer à des financements de fusions-acquisitions via des augmentations de capital. Selon Dealogic, 41,6 milliards de dollars ont été placés depuis le début de l’année grâce à l’émission de nouvelles actions dans le cadre d’acquisitions. Ce montant est de 79% plus élevé que l’an dernier à pareille époque. Les opérations réalisées par les américains Actavis (9,2 milliards) ou American Tower (3,5 milliards) expliquent une partie de ce bond.
Mais Dealogic note que dix opérations de plus d’un milliard de dollars ont déjà été annoncées depuis le 1er janvier.
«Du point de vue des marchés financiers, le moment est propice pour réaliser des acquisitions», reconnait Pierre-Alexis Renaudin, responsable des marchés primaires actions pour la France chez Morgan Stanley. Et ce, pour deux raisons. «D’une part, les investisseurs laissent le bénéfice du doute sur le risque de telles opérations, notamment car elles permettent d’utiliser d’éventuels excédents de trésorerie» peu rémunérateurs, indique Pierre-Alexis Renaudin. D’autre part, «le risque de bilan que peut faire peser une acquisition est compensé par la capacité des groupes à se financer rapidement dans de bonnes conditions sur les actions et sur la dette». En parallèle des 41,6 milliards de dollars de fonds propres levés, 95,2 milliards de dette ont été placés pour financer des acquisitions, à quelques encablures du record absolu de 2009 (96,5 milliards).
Arkema a parfaitement profité de cet alignement favorable en enchaînant dette hybride, obligataire et augmentation de capital pour financer le rachat de Bostik. Foncière des Régions a également profité de sa prime par rapport à sa valeur nette pour placer 250 millions d’euros de nouvelles actions afin de se renforcer au capital de Foncière des Murs. Le prix de l’émission est ressorti au-dessus de la valeur nette du groupe d’immobilier.
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