Le marché doute encore de la transformation de CGG

Le groupe d'études géophysiques veut rééquilibrer ses activités vers plus de services. Le marché attend les premiers résultats concrets
Olivier Pinaud

Jean-George Malcor, le directeur général de CGG, veut y voir un signe de confiance. Mi-mars, le fonds américain Manning & Napier a franchi la barre des 10% du capital, doublant ainsi sa position un an après avoir passé le seuil des 5% et devenant l’un des deux actionnaires de référence du groupe d’études et d’équipements géophysiques au même niveau que le concert Bpifrance-IFP Energies Nouvelles. «Nous nous sommes vus longuement lors d’un récent road show à New York et le fonds partage la stratégie que nous avons mise en place l’an dernier», explique Jean-Georges Malcor, qui ne voit pas de signe d’activisme.

Cette stratégie de repositionnement vers des activités de services moins gourmandes en capitaux que le métier historique de l’ancienne Compagnie générale de géophysique d’exploitation de bateaux d’études sismiques a jusqu’à présent provoqué plus de doutes de la part du marché que de soutiens. Détaillé lors d’une journée investisseurs en décembre dernier, le virage a provoqué un dérapage du cours de l’action de 16% le jour même. Et depuis, le titre affiche toujours un déficit de 20%, malgré une remontée ces dernières semaines.

En voulant réduire sa flotte de 18 à 13 navires, CGG va plutôt dans le bons sens. Cela doit lui faire économiser plus de 700 millions de dollars de capitaux employés. Cela va également lui permettre de diminuer et de réorganiser son offre dans un contexte de surcapacités mondiales qui pèsent sur le niveau d’activité des bateaux et qui empêchent actuellement une bonne couverture des coûts fixes. Mais cela illustre aussi la moindre efficacité de sa flotte de navires par exemple par rapport à celle du norvégien PGS. Et pose des questions sur les conditions dans lesquelles le groupe va pouvoir vendre ses actifs. Cette réduction de la flotte a été anticipée par la comptabilisation en 2013 d’une dépréciation de 582 millions de dollars.

Ces désinvestissements, couplés à l’accélération de la division d’études des données dite «Géologie, géophysique et réservoir», notamment grâce à l’intégration des activités rachetées à Fugro fin 2012, doit permettre d’équilibrer le modèle de CGG entre trois pôles quasiment équilibrés, alors que les navires d’acquisitions de données représentent encore la moitié du chiffre d’affaires.

Un rééquilibrage qui doit payer à l’horizon 2016 en faisant remonter la valorisation du groupe par rapport à ses concurrents. Manning & Napier y compte bien.

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