Le marché automobile européen a atteint en mai un plus bas de vingt ans
Le répit aura été de courte durée. A la suite d’une reprise en trompe-l’œil au mois d’avril, au cours duquel le volume d’immatriculations au sein des Vingt-Sept avait progressé de 1,7% à la faveur d’un nombre de jours ouvrables supérieur, après dix-huit mois consécutifs de recul, le marché automobile européen est reparti à la baisse en mai. Les immatriculations ont concédé le mois dernier une baisse de 5,9% à 1,04 million de véhicules particuliers, selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea). Cette dernière souligne qu’il s’agit du pire mois de mai depuis vingt ans. A 5,07 millions d’unités sur cinq mois, le marché abandonne 6,8% en 2013.
De quoi réduire à néant les maigres espoirs de renouveau à court terme du marché, qui déjà a connu l’an passé sa plus piètre performance depuis dix-sept ans. «Personne n’achète de voitures» et il n’y a «aucune raison d’être optimiste», clame l’analyste Jens Schattner chez Macquarie, pour qui tout retournement de tendance est exclu avant le quatrième trimestre. Le patron de Daimler, Dieter Zetsche, a de son côté évoqué la semaine passée une possible timide reprise au second semestre.
L’humeur maussade du consommateur sur fond de récession continue de frapper plus durement les constructeurs généralistes. La marque éponyme du groupe Volkswagen cède 7,3 et 7,7% sur un et cinq mois, PSA Peugeot Citroën 13,2 et 13,9%, Renault 10 et 5,9% (en dépit du bond de 17,7% de Dacia depuis le début de l’année).
Dans ce contexte, les marques haut de gamme tirent leur épingle du jeu. Sur cinq mois, Audi et BMW parviennent à limiter la baisse de leurs ventes à 2,4 et 1,9 % (-3,2 et -8,1% en mai), tandis que Mercedes se permet un gain de 3,7% (+2,8%). Mieux, avec certes 12.066 véhicules écoulés seulement en 2013, Jaguar bondit de 18,2%. A elles quatre, ces marques accaparent sur cinq mois avec des ventes stables 16,0% du marché, 1,1 point de plus que l’an passé.
Le panorama des performances nationales reflète ce marasme, le marché allemand faisant toutefois plus mauvaise figure que les constructeurs locaux, avec un recul de 8,8% en 2013 (-9,9% en mai). Cela malgré la hausse de 0,3 point en moyenne des ristournes accordées par les concessionnaires le mois dernier, à 11,9%, selon le magazine Autohaus (+3,2 points à 15% chez Opel). Et seuls quatre marchés nationaux échappent à l’hécatombe sur cinq mois, parmi lesquels le Royaume-Uni (+9,3%).
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