Le marché attend que Nestlé présente un vrai programme de restructuration

Après l’avertissement sur ses ventes 2013, des analystes espèrent que le géant suisse réduise sa taille et cède des actifs
Bruno de Roulhac

Après avoir déçu le marché début août en abaissant sa prévision de croissance du chiffre d’affaires 2013 autour de 5%, contre une fourchette de 5 à 6% précédemment, Nestlé va devoir revoir sa stratégie. «L’apparence d’invincibilité et de fiabilité [de Nestlé] a été érodée», note un analyste de Sanford C. Bernstein. «Nestlé est loin d’être ‘cassé’ et reste une grande entreprise, mais nous croyons que ses performances opérationnelles resteront plus enclines à la déception que par le passé, précise Exane BNP Paribas. L’absence de programme de restructuration significatif est le principal problème». Et de nombreux analystes attendent que le groupe cède des actifs.

Non seulement, la croissance organique des ventes du géant suisse au premier semestre s’est limitée à 4,1%, contre 6% pour Danone et 5% pour Unilever, mais encore la hausse de 3,7% de son bénéfice net semestriel est la plus faible depuis quatre ans. Si le groupe de Vevey invoque une baisse des prix et le climat peu clément en Europe pesant sur les ventes de surgelés et de glace, il reconnaît la nécessité de rechercher « activement» dans son portefeuille de 8.000 marques celles en retard. Wan Ling Martello, directrice financière de Nestlé, a expliqué avoir renforcé les outils du groupe qui analysent les 1.000 unités commerciales à travers les 194 pays où Nestlé est présent, afin de décider où les investissements doivent être accrus ou diminués. Toutefois, le groupe s’est bien gardé de préciser combien d’unités ne répondaient pas aux exigences de rentabilité du groupe. En mars, le directeur général, Paul Bulcke, précisait seulement qu’il fallait se fixer un échéancier pour redresser l’unité en difficulté ou bien la vendre.

Au début du mois, Nestlé a reconnu que Jenny Craig, sa marque de régime, est «un problème que nous devons régler». En outre, les ventes de repas surgelés aux Etats-Unis, comme Lean Cuisine, souffrent, étant perçus comme moins bons pour la santé que les produits frais. Nestlé a investi 53 millions de dollars dans un projet de recherche pour améliorer la perception de ces produits, mais n’en a pas encore récolté de fruits. Par ailleurs, selon un analyste de MainFirst cité par Bloomberg, Nestlé pourrait céder son activité de nutrition sportive, PowerBar. Pour d’autres encore, Nestlé pourrait vendre une partie de ses eaux en bouteille, dont la marge est la plus faible du groupe.

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