Le marché arbitre entre secteurs anti et pro Trump
Les marchés financiers sont restés sereins malgré les craintes suscitées par la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines. Mais certains secteurs se sont mieux comportés que d’autres, selon que les investisseurs estiment qu’ils tireront profit ou non du programme du vainqueur.
Le discours protectionniste de Donald Trump, qui a promis de remettre en cause l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), pèse sur les industries les plus exposées au commerce international. Ainsi, les groupes automobiles américains, qui disposent de nombreuses usines en dehors des Etats-Unis, en particulier au Mexique, ont lourdement chuté à Wall Street : Ford, GM et Fiat Chrysler Automobiles (FCA) perdaient respectivement 3,6%, 4,8% et 5,1% en matinée, tandis que les équipementiers Lear et Delphi Automotive abandonnaient 8% et 9%. Ford et FCA veulent transférer au Mexique la production de leurs petits modèles et GM a programmé 5 milliards de dollars d’investissement dans ce pays entre 2014 et 2018.
L’élection a provoqué un effet similaire sur les constructeurs étrangers implantés aux Etats-Unis. Les japonais Toyota, Nissan et Honda ont ainsi abandonné plus de 6% à Tokyo. Renault, actionnaire de référence de Nissan, a clos en baisse de 2,1%, Volkswagen de 2%, tandis que Daimler et BMW ont perdu plus de 7% en séance.
Les sociétés les plus actives au Mexique ont été sanctionnées. La banque espagnole BBVA a été identifiée par Credit Suisse et la Société générale comme la banque européenne la plus exposée au Mexique, où elle réalise 30% de son activité. Le titre a perdu 5,7%, plus forte baisse de l’EuroStoxx 50. Egalement exposé au Mexique, le groupe agroalimentaire britannique Tate & Lyle s’est replié de 11,9%, plus forte baisse du Stoxx 600.
Globalement, les sociétés du secteur du transport et de la logistique ont souffert. Le danois AP Moeller-Maersk a ainsi lâché 4,4%.
La posture de Donald Trump en défenseur des énergies fossiles fait craindre le retrait de tout soutien aux énergies renouvelables. Le fabricant danois d'éoliennes Vestas, qui tire 40% de ses revenus des Etats-Unis, a perdu 8,51%, deuxième plus forte baisse du Stoxx 600. Le fabricant finlandais de combustibles diesel renouvelables Neste a subi le même sort (-7,05%).
A l’inverse, l’isolationnisme promu par le candidat républicain fait parier certains sur une hausse des budgets de défense en Europe. BAE Systems s’est adjugé 6,75%, Dassault Aviation 5% et Thales 4,9%.
L’enjeu de l’élection était important pour l’industrie pharmaceutique : la candidate démocrate Hillary Clinton s’était prononcée pour un encadrement plus strict des prix des médicaments. L’ensemble du secteur a profité de la victoire de son adversaire. Le suisse BB Biotech a réalisé la meilleure performance du Stoxx 600 (+12,6%), tandis que les britanniques Shire et Hikma se sont respectivement adjugé 8,3% et 6,1%. Le français Sanofi a clos en hausse de 5,8%. Aux Etats-Unis, les titres Merck et Pfizer ont gagné jusqu’à 7,4% et 11,2%, tandis que Mylan et le canadien Valeant, éreintés par les démocrates pendant la campagne pour leurs pratiques commerciales, ont vu leurs actions monter de 9,1% et 4,8%.
Les projets d’infrastructures défendus par le candidat républicain ont également porté les valeurs du BTP : HeldelbergCement a gagné 4,4%, LafargeHolcim 3,8% et CRH 7,3%. Le loueur d’équipements de construction Ashtead a réalisé la meilleure performance du FTSE 100 (+11,5%). L’américain Caterpillar progressait de 10,1% en séance.
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