Le manque de visibilité sur Vivendi tend à accentuer sa décote de conglomérat
La structure financière confortable de Vivendi à fin 2011 doit beaucoup à la trésorerie de sa filiale de jeux vidéos Activision Blizzard (2,7 milliards d’euros) et à la dette proportionnellement faible de Maroc Telecom. Mais comme le notent les analystes de la Société Générale, cette dette nette de 12 milliards d’euros (1,4 fois l’excédent brut d’exploitation) «ne tient pas compte des 1,06 milliard décaissés en janvier 2012 sur les licences 4G attribuées en France en décembre». Elle exclut aussi les paiements potentiels sur les projets de transaction EMI dans la musique enregistrée et sur TVN dans l’audiovisuel en Pologne, qui représenteraient un montant cumulé de 1,17 milliard après les cessions envisagées du pôle musique.
Face à une dette atteignant alors 14,3 milliards (soit 1,8 fois l’Ebitda) et à la volonté de Vivendi de préserver son rating BBB, «le périmètre du groupe est donc figé, avec des rentes menacées (SFR, Maroc Telecom, Canal+) représentant 53% des actifs», estime CM-CIC Securities. D’autre part la rentabilité d’Activision (17% de l’actif brut) est fortement dépendante de deux produits-phares dont l’un montre déjà des signes de faiblesse. Environ 70% des actifs du groupe de communications sont donc à risque, la Société Générale tablant sur un recul d’un tiers du cash flow libre à 1,9 milliard cette année.
A la recherche de relais de croissance peu gourmands en capitaux, SFR vient d’annoncer un renforcement de son partenariat français avec l’américain HP dans le cloud computing (informatique décentralisée), afin de mieux tirer parti de l’expansion de ce segment de marché auprès des PME. Les deux groupes en attendent 200 millions de chiffres d’affaires d’ici à 2015 contre 30 millions l’an dernier. Mais ceci sera insuffisant pour compenser la baisse attendue de la rentabilité des activités grand public dans le mobile d’ici à 2013.
La décote du titre Vivendi a évolué sur longue période «entre 10% et 40%» par rapport à une somme des parties qui ressort désormais à 22 euros, selon la Société Générale. Sauf initiative stratégique conduisant à la scission du groupe, cette décote n’a pas vocation à atteindre le bas de cette fourchette au cours des prochains mois, étant donné les incertitudes actuelles. Malgré un repli de 18% de l’action depuis début janvier, le potentiel de revalorisation semble donc limité par rapport au cours de clôture de 14 euros de vendredi soir.
Plus d'articles du même thème
-
L’obligataire renoue avec un plus haut de deux ans dans le Panel Allocation
Cette classe d’actifs pèse de nouveau 45% dans les portefeuilles, tandis que les actions reculent à 49% et les actifs alternatifs à 4%. -
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Récits du quotidien« C’est ce qu’aurait fait de Gaulle » : ce que cache la popularité de David Lisnard sur les réseaux sociaux
Le candidat libéral a vu sa notoriété gonfler sans adopter les mêmes codes de communication que les autres candidats à l’élection présidentielle -
Déjà-vuRelever le plafond du livret A pour financer la rénovation des lycées, une fausse bonne idée ?
Le gouvernement réfléchit à augmenter le maxixum pouvant êre mis sur placement préféré des Français à 30 000 euros. Une mesure qui pourrait toutefois faire chou blanc -
La Fabrique de l'OpinionGaspard Koenig : « Il est insensé que les partis du centre et de la droite ne saisissent pas l’importance systémique de l'écologie »
« A quoi bon parler des retraites ou de la croissance si notre milieu devient invivable, si les sols sont infertiles et les rivières asséchées ? Si les libéraux sont fidèles à l’ouverture intellectuelle et au respect de la science qu’ils revendiquent, les faits devraient les obliger »