Le limogeage du directeur général de Gecina soulève des inquiétudes

La foncière l’explique par la nécessité de se concentrer sur le désendettement du groupe et non sur son développement
Bruno de Roulhac

La mise à la porte surprise de Christophe Clamageran, directeur général de Gecina, moins de deux ans après son arrivée, jette une nouvelle inquiétude sur l’avenir de la foncière. «Christophe Clamageran avait joué un rôle clé dans le rétablissement de la confiance des investisseurs en Gecina, note Exane. Son départ ouvre la porte à des incertitudes sur les intérêts des actionnaires minoritaires en plus des instabilités des actionnaires existants». Gecina est contrôlé par Metrovacesa (26,8% du capital), Joaquim Rivero (16,10%) et Bautista Soler (15,3%). Son remplacement par Bernard Michel, actuel président, qui devient PDG, est en revanche plutôt bien accueilli par les analystes.

«Selon nous, cette nomination devrait être temporaire d’autant que le groupe avait semble-t-il amorcé une démarche de bonne gouvernance avec la dissociation des fonctions de président et de DG et que sur cet axe-là il fait également un pas en arrière», note Aurel BGC. Pourtant, Gecina explique que Bernard Michel n’est pas là en intérim et qu’aucun recrutement n’est en cours.

Gecina invoque des «divergences sur les priorités dans la mise en œuvre de la stratégie». En clair, face au contexte de marché actuel, la foncière a décidé de réduire la voilure en se concentrant sur le désendettement et l’optimisation de la structure de coûts. Or, «Christophe Clamageran est un développeur, tandis que Bernard Michel a un profil qui parle plus aux banquiers», confie la foncière à L’Agefi.

«Nous avons besoin de protéger notre notation ‘BBB-', voire de l’améliorer», explique Gecina. Ainsi, la foncière veut faire tomber son ratio d’endettement (loan to value) de 43,9% fin juin à 40% dans les prochains mois. S&P et Moody’s pourraient alors relever leur note. Cet objectif signifie 500 millions d’euros de cessions supplémentaires. Pour l’exercice, la foncière avait annoncé un programme de 1 milliard, avec 559 millions réalisés au 30 juin. Toutefois, «je ne confirme pas ce programme», déclarait Christophe Clamageran fin juillet.

La justification de cette décision «nous paraît peu convaincante, note Natixis. Ce départ pourrait laisser craindre un retour en arrière». Implicitement, «ce mouvement suggère que les conditions de refinancement se sont fortement et rapidement dégradées ces dernières semaines», ajoute Kepler. Gecina devra convaincre le marché le 24 octobre lors de la publication de son activité au troisième trimestre.

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