Le léger souffle de reprise redonne des ailes au secteur de la construction

Après six années de récession, le marché européen de la construction pourrait croître de 1% en 2014. La Bourse a commencé à anticiper le mouvement
Olivier Pinaud

Confirmée de nouveau hier par la dernière enquête PMI de Markit (lire en une), la sortie de récession de l’économie européenne a déclenché un rally massif sur les groupes les mieux placés pour profiter de la reprise.

Les valeurs liées à la construction et plus largement à l’investissement ont ainsi largement distancé les indices de référence au cours des derniers mois (voir graphique). Le marché européen de la construction pourrait afficher en 2014 une croissance de 1%, premier chiffre positif depuis 2007, argumentent les analystes de Credit Suisse pour justifier un repositionnement aussi marqué sur les valeurs du secteur.

Après trois années de déclin, les profits des groupes européens devraient de nouveau croître fortement l’an prochain, «peut-être plus fortement encore que les 15% actuellement attendus par le consensus», ajoutent les stratèges de JPMorgan. De quoi, avec un assouplissement espéré des conditions de crédit en Europe, relancer l’investissement en zone euro, tombé à des niveaux historiquement faibles à moins de 13% du PIB.

L’exemple de la reprise américaine a montré que depuis le point bas de 2009, les investissements des entreprises ont rebondi de 28% aux Etats-Unis, rappelle JPMorgan. Pour UBS, une croissance des investissements identique à celle attendue du chiffre d’affaires (+8%) au niveau mondial permettrait de faire affluer 650 milliards de dollars supplémentaires l’an prochain.

Compte tenu de leur forte exposition à l’économie européenne, Vinci et Saint-Gobain font partie des valeurs qui devraient le plus profiter d’une reprise des investissements en Europe, selon les stratèges de JPMorgan. A la différence des groupes de biens industriels comme Legrand ou Schneider Electric, les marges de Vinci, si elles ont bien résisté à la crise, ne sont pas encore revenues sur leurs plus hauts. Le modèle du groupe, reposant sur les concessions, offre également un effet de levier. Mécaniquement, 1% de reprise du trafic poids lourds sur les autoroutes du groupe permet ainsi de générer 1% de hausse de bénéfice par action.

Saint-Gobain pourrait pour sa part profiter de son exposition aux secteurs de l’automobile ou de l’industrie, qui représentent environ un quart de son chiffre d’affaires, pour toucher plus rapidement les premiers dividendes de la reprise.

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