Le Japon affecte plus que prévu les résultats de Sony-Ericsson

Le cash-flow négatif de 577 millions d’euros à fin juin fait grimper la dette nette de la coentreprise, qui excède la moitié des fonds propres
Yves-Marc Le Reour

Le tremblement de terre japonais du mois de mars a eu des conséquences plus importantes que prévu pour Sony-Ericsson. Le fabricant de téléphone mobile a en effet souffert d’une rupture d’approvisionnement en composants critiques qui a conduit à un repli séquentiel de 6 % de ses volumes d’expédition à 7,6 millions d’unités au dernier trimestre, la chute ayant été de 31 % en rythme annuel. Ceci a abouti à un manque à gagner «proche de 1,5 million d’unités, principalement dans la première partie du trimestre écoulé», a indiqué Bert Nordberg, président de la coentreprise, qui parle d’un «trimestre perdu», en ajoutant toutefois que la situation s’est «bien améliorée» en juin.

Inférieur aux attentes, le chiffre d’affaires trimestriel est en recul de 32 % d’une année sur l’autre à 1,2 milliard d’euros, même si les ventes de sa gamme phare Xperia ont augmenté de 150 % sur cette période. Le chiffre d’affaires a néanmoins progressé de 4 % en séquentiel grâce au relèvement de 11 % du prix de vente moyen (ASP) de ses combinés entre avril et juin. A 31%, la marge brute a gagné 3 points par rapport à la même période de l’an dernier qui incluait des charges de restructuration, mais elle affiche une baisse séquentielle de 2 points «en raison d’une normalisation provenant des revenus de licences».

La perte nette trimestrielle à fin juin s’élève donc à 50 millions contre un bénéfice de 11 millions à fin mars et 7 millions anticipé par les analystes, pour un résultat d’exploitation de -37 millions. Plus préoccupant encore, le cash-flow d’exploitation enregistre un déficit de 577 millions sur les six premiers mois de l’année, 5 fois plus élevé qu’au premier semestre 2010. L’endettement net, quasi-nul à fin mars, atteint par conséquent 252 millions au 30 juin dernier, soit 51 % des fonds propres.

Si la demande pour les «smartphones» continue de progresser, Bert Nordberg estime que le segment des combinés classiques «s’est effondré». Le groupe détient à fin juin une part de 11 % du marché des «smartphones» fonctionnant sous système d’exploitation Android contre un objectif à moyen terme de 25 %. Visant un retour aux bénéfices au cours des deux derniers trimestres de l’exercice, il maintient sa prévision d’une «croissance modeste en volume du marché mondial des mobiles sur l’ensemble de 2011».

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