Le Groupe Partouche obtient un peu d’air de ses créanciers

Alors qu’il n'était plus respecté, l’un des covenants du groupe de casinos a été temporairement assoupli. En attendant une solution plus durable
Olivier Pinaud

Le Groupe Partouche continue de miser sur des cessions d’actifs immobiliers pour régler son problème de dette. L’exploitant de casinos a engagé de nouvelles discussions avec son comité de créanciers, dirigé par Natixis, afin d’aménager l’échéancier de remboursement de son crédit syndiqué et lui laisser le temps de de signer ses cessions.

L’échéancier actuel prévoit 24,8 millions d’euros lors de l’exercice en cours, clos le 31 octobre. L’an prochain, le groupe devra rembourser 45 millions et surtout 163,9 millions lors de l’exercice clos le 31 octobre 2015. Le produit des cessions d’actifs servira à rembourser en priorité la tranche A, d’un montant cumulé de 94,9 millions d’euros.

«Nous avons des marques d’intérêt réelles pour les murs et fonds de nos grands hôtels, mais la situation actuelle du marché hôtelier complique le processus», explique à L’Agefi Fabrice Paire, le président du directoire de Partouche. Pour gagner un peu d’air, le groupe a déjà obtenu de ses créanciers l’aménagement d’un de ses trois covenants lors de la clôture des comptes semestriels au 30 avril dernier. Le plafond du ratio d’endettement, qui rapporte la dette nette à l’Ebitda, a été augmenté à 3,7 fois, contre 3,1 fois auparavant, ce qui permet à la société de rester dans les clous avec un ratio réel de 3,28 fois.

Mais ce bol d’air ne suffira peut-être pas. Sans une cession relativement rapide d’actifs immobiliers, Partouche aura du mal à respecter son ratio d’endettement fixé à 3 fois pour la clôture des comptes 2013, le 31 octobre. Les discussions actuelles avec les créanciers visent ainsi à trouver une «solution pour l’atterrissage de fin d’année», indique Fabrice Paire, même si selon lui la situation n’a rien à voir avec les deux précédents refinancements du groupe en 2009 et 2011.

Des discussions parallèles sont en cours entre la Financière Partouche, holding de tête du groupe, et son pool de créanciers, pour la plupart les mêmes que chez Partouche. La situation de la holding a nécessité sa mise en sauvegarde début avril, avec une période d’observation de six mois.

Une procédure qui visait aussi à limiter le pouvoir du fonds Oaktree, qui s’est récemment invité dans le dossier, en prenant environ un tiers de la dette de la Financière Partouche et du groupe opérationnel. En sauvegarde, les décisions nécessitent une majorité aux deux tiers et non plus de façon unanime pour une conciliation.

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