Le Groupe Bolloré renforce à bon compte son contrôle sur Havas
L’agence de publicité propose de racheter 12% de ses propres actions avec une prime de 20%. La participation de Bolloré passera de 32% à 37%
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Olivier Pinaud
Après Bouygues en septembre 2011, et malgré un effet peu convaincant sur le cours de Bourse, Havas lance lui aussi une offre publique de rachat d’actions (OPRA). L’opération porte sur un peu plus de 51,7 millions d’actions, soit 12% du capital de l’agence de publicité. Le prix de rachat a été fixé à 4,9 euros par titre, offrant une prime de 20% par rapport au cours de vendredi soir et de 27% par rapport à la moyenne du dernier mois. Le montant total de l’OPRA s’élève à 253,5 millions d’euros. Une offre d’achat est également lancée sur les bons de souscriptions d’actions détachés en 2006 lors d’une émission d’obligations (Obsaar). Ceux-ci, en grande partie détenu par les managers d’Havas, étaient exerçables à un prix de 4,3 euros, au-dessus du cours actuel.
La direction d’Havas estime que la valorisation de la société ne reflète pas l’amélioration de ses performances. «Le résultat net a plus que doublé, passant de 46 millions d’euros au 31 décembre 2006 à 120 millions d’euros fin 2011. La marge opérationnelle courante a également progressé très significativement de 9,5% au 31 décembre 2006 à 13,4% fin 2011», rappelle-t-elle. Et pourtant, Havas affiche une décote de l’ordre de 20% par rapport à ses concurrents (Publicis, WPP, Interpublic, Omnicom, Aegis) en terme de valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation (6,5 contre 8,1 fois). En supposant que l’OPRA soit réalisée dans sa totalité, et que l’intégralité des titres soit annulée, elle aura un effet relutif sur le bénéfice net par action 2011 de 10,8%.
L’OPRA fera remonter la dette financière nette à 308 millions d’euros, soit 1,4 fois l’ebitda 2001 après versement du dividende contre 0,1 fois actuellement. Selon la direction, l’opération «dont le montant ne dépasse pas une année d’ebitda (…) ne remettra pas en cause la politique de croissance organique et la réalisation d’acquisitions ciblées». Elle permettra au Groupe Bolloré, actionnaire de contrôle, de se renforcer un peu plus sans débourser un euro supplémentaire. Sa participation passera mécaniquement de 32,8% à 37,3%. L’Autorité des marchés financiers lui a toutefois accordé une dérogation pour ne pas avoir à lancer une OPA sur l’intégralité du capital. Le groupe Bolloré s’est engagé à ne pas participer au vote des assemblées générales qui doivent valider l’OPRA le 10 mai et à ne pas augmenter par la suite sa part au capital.
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