Le groupe autoroutier APRR place un milliard d’euros d’obligations à six ans
Dans l’attente d’ici à fin mars d’une décision de justice sur la conformité de l’offre publique de retrait lancée par sa maison-mère Eiffarie, Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR) continue à gérer activement sa dette. Le concessionnaire autoroutier a en effet placé hier une émission obligataire d’un milliard d’euros à 6 ans avec un coupon de 5% à l’échéance du 12 janvier 2017. Le règlement aura donc lieu le 12 janvier prochain.
Emise à 99,48% du pair, cette obligation affiche un rendement de 5,1% à l’émission, soit une prime de 245 points de base par rapport aux taux des midswaps. Cette opération, dirigée par BBVA, BNP Paribas, Dexia, Natixis et Société Générale, a été une réussite puisque la demande a atteint «près de 2 milliards d’euros de la part de 235 investisseurs», selon une source proche du dossier.
Interrogé par L’Agefi, le groupe français a simplement confirmé que cette émission s’inscrivait dans le cadre de son programme EMTN (Euro Medium Term Notes) de 6 milliards d’euros mis en place à l’automne 2007 et qu’elle était destinée «à des besoins de refinancement courant». C’est le deuxième placement obligataire du groupe autoroutier après les 500 millions d’euros à échéance 2015 (coupon de 7,5%) émis en juin 2009. Cette souche avait été abondée à hauteur de 200 millions d’euros supplémentaires en février dernier.
Au 30 juin 2010, l’endettement net du groupe s’élevait à 6,7 milliards d’euros. Sa note de crédit à long terme, tout juste au-dessus du high yield, est Baa3 avec perspective stable chez Moody’s, tandis que S&P attribue une perspective négative à sa note BBB-. L’émission d’un milliard d’euros d’hier prévoit d’ailleurs «un relèvement de 125 pb du coupon en cas d’abaissement de la note du groupe en catégorie spéculative», rapporte Bloomberg.
Elle sera bienvenue pour rallonger la maturité de la dette du groupe, 30% de ses échéances de remboursement étant concentrées sur la période 2012-2013. Son endettement étant essentiellement à taux fixe, il n’encourt cependant pas de risque significatif sur ses charges d’intérêt en cas de hausse des taux. Son exposition au risque de change est également très faible compte tenu d’un financement externe libellé en euros.
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