Le gouvernement américain lance une offensive judiciaire contre BP
C’est un bras de fer judiciaire, aux enjeux financiers potentiellement conséquents, que l’administration Obama a engagé mercredi. Le gouvernement américain a déposé plainte contre le groupe pétrolier britannique BP et quatre autre sociétés - Transocean, Anadarko, MOEX (filiale de Mitsui & Co) et Lloyds of London (assureur de Transocean) - pour leur responsabilité dans la marée noire qui a affecté le Golfe du Mexique. La plainte ne cite pas Halliburton, qui a cimenté le puits Macondo, ou Cameron International, qui a fourni de l'équipement, mais le département de la Justice a précisé que d’autres charges pourraient être incluses par la suite.
«Nous avons l’intention de prouver que les défendeurs sont responsables sans restriction des coûts de nettoyage supportés par le gouvernement, des pertes économiques et des dommages environnementaux», a déclaré le procureur général Eric Holder. La plainte, qui s’inscrit dans le cadre du «Clean Water Act» et du «Oil Pollution Act», ne chiffre pas les dommages et intérêts demandés.
La loi prévoit néanmoins que pour chaque baril de pétrole déversé, l’amende s'élève jusqu'à 4.300 dollars en cas de négligence manifeste. Etant donné que le gouvernement estime à environ 4,9 millions le nombre de barils répandus dans le Golfe du Mexique - un chiffre contesté par BP - les pénalités financières pourraient donc totaliser 21 milliards de dollars. Si aucune négligence grossière n’est relevée, l’amende serait ramenée jusqu'à 1.100 dollars par baril, soit un total de près de 5,4 milliards.
Sous la pression du gouvernement, BP a déjà mis en place un fonds d’indemnisation des victimes de la marée noire doté de 20 milliards de dollars. Son administrateur Kenneth Feinberg a proposé cette semaine un «bonus» aux victimes afin d’accélérer le processus d’indemnisation. Pour faire face à ses obligations, BP a multiplié les cessions d’actifs au cours des dernières semaines. Dernier exemple en date, BP a indiqué mercredi qu’il étudiait une cession de ses activités canadiennes dans le gaz naturel liquéfié, ce qui pourrait lui rapporter jusqu'à 2 milliards de dollars selon Bloomberg. Le groupe se rapprocherait ainsi du bouclage de son programme de cessions d’actifs d’un montant de 30 milliards.
Plus d'articles du même thème
-
EasyJet accepte de se faire racheter par Castlelake
La compagnie avait rejeté l’offre du fonds d’investissement à quatre reprises. La dernière proposition, à 5,5 milliards de livres, a finalement été acceptée. -
Les économistes tentent de faire bouger les lignes des banques centrales
Le Forum de Sintra 2026 était organisé de manière à ne pas trop aborder les évolutions des politiques monétaires. Malgré cette volonté de la Banque centrale européenne (BCE) de rester discrète sur ce sujet, les débats en coulisses sont régulièrement revenus dessus. -
Good Value for Money anticipe un taux moyen de 2,90% pour les fonds en euros en 2026
Dopés par la hausse des taux obligataires, les fonds en euros devraient offrir un rendement moyen proche de 3% en 2026 et creuser encore plus l'écart avec le Livret A.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable