Le gel d’une ligne de crédit met en jeu la survie du raffineur Petroplus
Premier raffineur indépendant européen, Petroplus va devoir dans les prochains jours trouver la parade à une crise de liquidité qui rend son avenir incertain. «Environ un milliard de dollars correspondant à une ligne de crédit revolving non engagée ont été gelés par les établissements prêteurs», a annoncé le groupe suisse, en ajoutant que cette facilité à échéance octobre 2012 est «indispensable pour que les unités opérationnelles puissent faire face à leurs obligations dans les délais impartis». Exploitant cinq raffineries en Europe (Royaume-Uni, Allemagne, France, Belgique et Suisse), Petroplus dispose d’une capacité de traitement journalière cumulée de 667.000 barils de brut.
Après une chute de l’action de 46% hier, la capitalisation boursière du groupe équivaut à seulement 188 millions de dollars. «Nous ne pouvons actuellement plus acheter de pétrole, alors que nous en achetons normalement 500.000 barils par jour», a reconnu le directeur financier Joseph Watson. Noté «B» avec perspective négative par l’agence S&P, Petroplus entend poursuivre les négociations avec la douzaine de banques concernées pour avoir à nouveau accès à cette ligne non confirmée, qui représente près de 38% de ses liquidités totales.
Outre sa trésorerie de 191 millions de dollars à fin septembre, le groupe dispose d’une ligne de crédit revolving confirmée de 1,05 milliard de dollars, venant également à maturité en octobre 2012. Il a par ailleurs mis en place un programme d’affacturage de 280 millions de dollars et un programme de titrisation de créances de 200 millions, tous deux financés par la cession d’une partie de ses créances au Royaume-Uni. Sa première échéance de remboursement est une tombée obligataire de 600 millions de dollars en 2014, à comparer à une dette financière brute de 1,75 milliard.
Sans donner le détail des «options stratégiques complémentaires» examinées, le directeur financier évoque une restructuration du portefeuille d’actifs et la recherche de partenaires. Dans un environnement européen marqué par un faible niveau de marges qui devrait accélérer les réductions de capacités de raffinage, Petroplus affiche une perte nette sur chacun des 3 premiers trimestres de l’exercice 2011. Il a relevé début décembre de 220 millions à 275 millions de dollars les économies de coûts afférentes à l’exercice 2012 dans le cadre d’un plan d’optimisation sur 3 ans.
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