Le futur PDG d’ADP promet une continuité dans la stratégie du groupe
Sauf surprise, Augustin de Romanet sera le futur président-directeur général d’Aéroports de Paris. L’ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignations a été coopté hier administrateur de l’exploitant des aéroports de Roissy et d’Orly.
Il remplacera Pierre Graff, atteint par la limite d'âge fixée statutairement à 65 ans. Ce dernier, qui était à la tête du groupe depuis 10 ans, a notamment piloté l’ouverture du capital et l’introduction en Bourse. Pour protester contre ce «parachutage politique», les six administrateurs salariés d’ADP, qui réclamaient un vote à bulletins secrets, ont quitté le conseil avant le vote.
Conformément à la loi, ADP étant encore détenu directement à 52% par l’Etat, Augustin de Romanet doit maintenant être auditionné en commission à l’Assemblée nationale et au Sénat. Sa nomination sera ensuite avalisée en conseil des ministres puis confirmée par décret. Ce processus devrait prendre deux à trois semaines.
Ces auditions devraient permettre d’en savoir plus sur le projet d’Augustin de Romanet, dont les plans initiaux après son départ de la CDC visaient plutôt la direction de CNP. Hier, le nouvel administrateur a simplement indiqué vouloir gouverner dans la «continuité» de la stratégie insufflée par Pierre Graff.
Deux dossiers se poseront rapidement sur le bureau d’Augustin de Romanet: l’internationalisation d’ADP et la gestion des flux de trésorerie, appelés à fortement augmenter dans les prochaines années. Sur le premier point, l’entrée au capital du turc TAV pourrait se révéler moins prometteuse que prévu. Alors que le groupe a dépensé 874 millions de dollars en mars 2012 pour prendre 38% du capital du gestionnaire de l’aéroport Atatürk d’Istanbul, un prix jugé élevé, il risque de devoir affronter une concurrence imprévue avec la construction d’un nouvel aéroport dans la capitale turque.
Second sujet à traiter: le possible relèvement du dividende, souhaité par les investisseurs, mais qui pourrait susciter de nombreuses réticences en interne et dans le contexte politique actuel.
Le gros des investissements à Roissy étant derrière ADP, le groupe pourrait selon Aurel BGC redistribuer 75% à 85% de ses bénéfices, contre 50% depuis l’introduction en Bourse, sans mettre en danger son bilan. Une manne intéressante pour l’Etat même si celui-ci pourrait aussi être tenté de profiter de la structure non «délocalisable» du groupe pour augmenter les taxes.
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