Le FSI est en bonne voie pour racheter à Areva ses 26% dans Eramet

Le Fonds et le groupe de nucléaire ont ouvert des négociations exclusives. Le montant de la transaction est estimé à 654 millions d’euros
Olivier Pinaud

A moins d’une mésentente de dernière minute, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) devrait prendre possession dans les prochaines semaines du bloc de 26% au capital d’Eramet actuellement détenu par Areva. Le bras financier de l’Etat et le groupe de nucléaire ont confirmé hier soir, dans un bref communiqué, l’ouverture de négociations exclusives. Comme L’Agefi le révélait le 28 novembre, le FSI a obtenu le feu vert de l’Etat pour procéder à l’opération. Celle-ci doit permettre à Areva de se désendetter. Le FSI a déjà étudié le dossier Eramet début 2010, mais l’opération avait échoué car le bloc valait trois fois plus cher qu’aujourd’hui.

Les deux groupes ne fournissent aucune précision sur le contenu de leurs discussions. Celles-ci porteront logiquement sur le prix de la transaction. Au cours d’hier soir, 94,95 euros par action, le bloc de titres Eramet était valorisé 654 millions d’euros. Le prix final ne devrait pas être très éloigné de cette valeur. Fin 2010, lors du rachat de 10,9% du capital de STMicroelectronics, déjà auprès d’Areva, le FSI avait payé un prix inférieur à la valeur instantanée sur le marché. Ensuite, à la recherche d’argent frais, le groupe de nucléaire n’est pas en position de force pour négocier un prix beaucoup plus élevé. Enfin, les moyens du FSI ne sont pas illimités. D’ailleurs, pour «refinancer» une partie de l’opération, le Fonds pourrait rétrocéder dans les prochains mois une partie de son bloc à d’autres actionnaires de référence. Le Gabon, où Eramet exploite d’importants gisements et outils de production, a officiellement demandé à l’Etat français de pouvoir accéder au capital du groupe minier, à l’image de la Nouvelle-Calédonie, déjà actionnaire d’Eramet (L’Agefi du 19 décembre).

Les discussions porteront également sur les relations avec la famille Duval, l’autre actionnaire de référence d’Eramet. A moins qu’elle ne soit considérée comme un transfert, entre deux sociétés contrôlées par l’Etat, la cession du bloc risque en effet de faire perdre les droits de vote double associés aux actions détenues par Areva. Avec 43% des droits de vote, la famille Duval obtiendrait ainsi un poids prépondérant, loin devant le FSI, ce qui bouleverserait le savant équilibre qui a toujours prévalu au capital d’Eramet.

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