Le Fonds stratégique d’investissement vole au secours de Novasep
Novasep a peut-être trouvé son sauveur. Le Fonds stratégique d’investissement s’est dit prêt hier à injecter 30 millions d’euros au capital de cette PME dont les compétences dans les principes actifs pharmaceutiques sont mondialement reconnues mais dont la survie est menacée par la dette héritée de son LBO en 2007. L’engagement conditionnel du FSI pourrait en effet permettre de débloquer la situation alors que Novasep tente depuis le début de l’année de trouver une solution de désendettement avec ses créanciers obligataires, avec l’aide du cabinet Houlihan Lokey et de Rothschild. Un mandataire ad hoc a été désigné par le tribunal de commerce de Nancy le 30 juin dernier.
Selon la société, des négociations conjointes ont été engagées «avec les porteurs d’une majorité des obligations» et avec le FSI. Celles-ci portent sur «une réduction significative de la dette de Novasep et des intérêts». Les modalités exactes du schéma ne sont pas dévoilées, mais il devrait passer par une transformation de la dette obligataire en actions, les obligataires devenant alors majoritaires au capital. «Des discussions sont en cours avec les actionnaires actuels, financiers et management, en vue de permettre leur participation à la restructuration», précise le FSI.
Détenue par les fonds de private equity Azulis Capital et Gilde, la société a placé fin 2009 une émission à haut rendement de plus de 400 millions d’euros afin de refinancer sa dette initiale. Mais compte tenu de la chute de 15% de son ebitda en 2010, à 55,2 millions d’euros, et d’une consommation de trésorerie de 6,5 millions d’euros, Novasep n’a pu payer que 3 millions des 18 millions qu’elle devait à ses obligataires en juin dernier. Le coupon de sa ligne principale, à échéance décembre 2016, s’élève à 9,625%. Placée en catégorie défaut par Moody’s et S&P, celle-ci cote actuellement 44% selon S&P Capital IQ.
En 2011, Novasep prévoit de réaliser entre 285 à 295 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 301,6 millions en 2010. Sa marge d’ebitda pourrait encore chuter de 27% à 18% et la société prévoit 10 à 15 millions de charges de restructuration. A 7 fois son ebitda fin 2010, le ratio d’endettement pourrait atteindre les 10 fois en fin d’année.
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