Le fonds Ciam conteste les conditions d’un mariage Renault/FCA
Le fonds activiste Ciam a écrit le 3 juin aux administrateurs de Renault pour contester les conditions de l’offre de fusion que le groupe italien Fiat Chrysler (FCA) a transmise le 27 mai au constructeur automobile français.
Le conseil d’administration de Renault doit examiner mardi cette offre de fusion « entre égaux », à 50/50, basée sur des valorisations boursière d’environ 18 milliards d’euros pour FCA contre 15 milliards pour le groupe français.
« Nous considérons que cette opération profite bien plus à Fiat Chrysler Automobiles (FCA) qu’à Renault, tant du point de vue industriel que du point de vue financier », écrit Catherine Berjal, cofondatrice de Ciam, dans ce courrier dont L’Agefi a pris connaissance.
Le fonds activiste estime notamment que la valorisation des deux sociétés à leur cours de Bourse, qui entraînerait au préalable le versement d’un dividende de 2,5 milliards d’euros aux actionnaires de FCA, « apparaît comme erronée et ayant pour effet de totalement sous-valoriser Renault ».
Ciam additionne la valeur boursière des participations de Renault dans Nissan et Daimler, et les fonds propres de la captive de financement RCI Banque, pour démontrer que l’offre de FCA donne implicitement à l’actif industriel de Renault une valeur négative de 3 milliards d’euros. En valorisant RCI Banque à 8 fois ses profits, Ciam aboutit à une valeur négative de la division automobile de Renault de 6 milliards.
Le fonds, qui s’est illustré récemment en contestant les pouvoirs du PDG de Scor Denis Kessler, estime en outre que l’opération équivaut à un rachat et non un mariage entre égaux, compte tenu du poids de la famille Agnelli dans le futur ensemble. « Nous nous étonnons donc du manque de prime associée à ce rachat et nous nous opposerons donc fermement à cette prise de contrôle opportuniste », souligne Catherine Berjal.
Selon une source proche, Ciam est entré au capital de Renault en juin 2018 et détient aujourd’hui moins de 1% du capital.
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