Le fonds activiste Elliott monte au front pour bloquer l’OPA sur Celesio
Elliott Management, le fonds alternatif activiste américain déjà sous le feu des projecteurs du fait de son hostilité au rachat de Kabel Deutschland par Vodafone, a montré les crocs hier pour s’opposer à celui de Celesio par McKesson. En octobre, le distributeur pharmaceutique américain a noué un accord avec la holding familiale Franz Haniel & Cie détenant 50,01% du capital de son concurrent allemand et promis une offre. Cette dernière a été lancée le 5 décembre, et court jusqu’au 9 janvier. A raison de 23 euros par action comme prévu, le prétendant valorise sa cible à 3,9 milliards.
Elliott Management n’avait pas tardé à se manifester en octobre en déclarant un intérêt économique, à savoir ses droits de vote tenant compte d’obligations convertibles, supérieur à 25% (25,16% en l’occurrence). Or, l’offre de McKesson est conditionnée par l’apport de 75% des titres sur une base totalement diluée. L’actionnaire en position de force a dévoilé ses intentions hier. Il n’apportera pas ses titres, le prix offert par le prédateur «sous-évaluant de façon significative» la cible.
Elliott, avis d’analystes à l’appui, estime notamment que McKesson sous-estime les synergies d’une union avec Celesio. L’actionnaire turbulent relève d’ailleurs que la capitalisation boursière du groupe américain a bondi de 7,7 milliards de dollars depuis l’annonce du projet. La direction de McKesson ne s’est-elle pas targuée auprès de la communauté financière de proposer un «prix raisonnable», qui n’a pas bougé alors que les marchés ont affiché des gains comme le met également en lumière le défenseur des droits des actionnaires. Elliott estime surtout que Celesio dispose d’«autres voies » afin de maximiser sa valeur. Une «alternative» pourrait consister en la vente à deux acheteurs distincts des activités de répartition de gros et de détail.
Le marché semble partagé sur la volonté réelle du hedge fund de tenir tête, le titre Celesio clôturant hier à Francfort sur un repli de 1,0% à 22,87 euros, juste en dessous du prix d’offre. Les analystes d’ISI Group évaluent à 25% la probabilité d’échec de l’OPA. Ils ne croient pas Elliott capable de créer de la valeur sans McKesson et juge le scénario d’une scission hautement destructeur de valeur. McKesson n’a pas réagi hier, et pourrait prolonger son offre si elle devrait être améliorée.
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