Le flou sur la situation financière d’Edison ne se dissipe pas
En reportant du 8 février au 14 mars prochain la tenue de son conseil d’administration chargé d’approuver ses comptes 2010, Edison, qui a dû démentir plusieurs fois des rumeurs d’augmentation de capital l’an dernier, a renforcé en fin de semaine dernière les incertitudes sur sa santé financière et sa gouvernance.
Alors qu’il prévoyait en octobre un excédent brut d’exploitation (EBE) pour 2010 «légèrement en-deçà» de celui de 2009, le groupe italien contrôlé directement et indirectement à plus de 50% par EDF, avait indiqué mi-janvier que ce repli serait de 8%. Il a surtout averti que son activité de fourniture de gaz pourrait subir de façon plus marquée cette année les effets du découplage entre l’évolution du prix du gaz sur le marché au comptant et le prix du baril du pétrole. Tout dépendra de l’issue de la renégociation de ses contrats à long terme avec Gazprom et Sonatrach, citée comme raison principale du report de ce conseil.
En cas d’échec, Edison serait conduit à enregistrer une provision difficilement estimable à ce stade, un analyste parisien avançant le chiffre de «500 millions à un milliard d’euros». «Une recapitalisation du groupe italien ne peut être exclue et EDF devra probablement passer une provision», juge-t-on chez Raymond James en indiquant qu’Edison représente environ 5% de l’EBE d’EDF. Contacté par L’Agefi, l’électricien français n’a pas souhaité apporter de précisions sur l’impact potentiel des négociations en cours dans sa filiale. Edison pourrait de surcroît être contraint de déprécier ses parts dans le gisement gazier offshore égyptien Abou Kir, ainsi que sa participation de 50% dans le producteur électrique italien Edipower, ce qui représenterait alors plusieurs milliards.
Les interrogations s’étendent à l’ensemble de la gouvernance de l'énergéticien italien puisque A2A, son autre actionnaire de référence, a maintes fois exprimé son souhait d’avoir plus de poids dans la gestion de l’opérateur transalpin et que le pacte d’actionnaires entre A2A et EDF expire en mars prochain. Or, A2A est détenu par des municipalités italiennes très endettées n’ayant pas forcément les moyens de suivre une recapitalisation qui aurait les faveurs de l’électricien français. Interrogé vendredi sur une éventuelle offre d’EDF sur Edison, le ministre de l’industrie Paolo Romani a insisté sur l’importance de maintenir ce dernier «dans le giron italien».
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