Le financement de la filière aérienne s’annonce encore plus difficile en 2013
Les questions de financement constituent l’un des principaux risques pour la filière aéronautique, selon Euler Hermes qui présentait hier ses prévisions pour le secteur en 2013. Cette menace découle de l’endettement élevé des transporteurs aériens, qui les rend très dépendants de ressources externes pour financer leur flotte.
En 2011, leur dette à moyen et long terme représentait 7 années de capacité d’autofinancement pour les compagnies européennes, 4,7 ans pour les groupes américains (hors American Airlines) et 4,1 ans pour les transporteurs chinois, contre un ratio maximum de 3 ans jugé souhaitable par l’assureur-crédit.
Les prévisions tout juste publiées par l’Association internationale du transport aérien (IATA) pour 2013 ne devraient pas changer la donne, avec une marge nette de 1,3% attendue à l’échelle mondiale (après 1% en 2012), contre un taux «de 7 à 8% nécessaire pour couvrir le coût du capital des compagnies». Pour les transporteurs européens qui devraient recueillir les premiers fruits des restructurations engagées, l’organisme table sur le retour à une marge nette positive, inférieure à 0,5%.
Les compagnies financent sur leur trésorerie un quart des appareils qui leur sont livrés, selon des chiffres fournis par Boeing. La contribution des banques commerciales a baissé à environ 21% cette année contre 25% en 2011, les agences de crédit export assurant toujours 30% du financement total. Mais «les commissions versées par les transporteurs au titre des garanties publiques à l’export vont devenir plus onéreuses suite à un changement de réglementation acté par l’OCDE l’an dernier», relève l’assureur-crédit.
La moindre implication des banques commerciales (surtout en Europe) a renforcé le rôle d’intermédiation des sociétés de crédit-bail (leasing). Bien qu’elles n’aient financé sur fonds propres que 10% des avions livrés en 2011, celles-ci sont intervenues dans le financement de près de la moitié des commandes annoncées sur la période.
Mais la prochaine arrivée massive sur le marché de nouveaux avions «monocouloirs» (A320 Neo, B737 Max) rend plus probable une baisse de la valeur résiduelle des anciens «monocouloirs» qui forcerait ces loueurs à passer des dépréciations accélérées sur ce type d’actifs. Ceci compromettrait alors «le cercle jusqu’ici vertueux du financement aéronautique», concluent les analystes d’Euler Hermes.
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