Le financement alternatif des ETI européennes est promis à un bel avenir
Encore timidement engagé, le développement du financement alternatif par les entreprises de taille intermédiaire (ETI) européennes est inéluctable, selon Standard & Poor’s. Ces sociétés, dont le chiffre d’affaires est compris selon l’agence entre 100 millions et 1,5 milliard d’euros et dont la dette obligataire entre 50 et 500 millions (hors financières, LBO et services aux collectivités), véritable «moteur» de la croissance économique, souffrent selon l’agence d’une frilosité grandissante de la part des banques, incitées par l’évolution du cadre réglementaire à faire preuve d’une plus grande sélectivité sur fond d’une baisse générale des niveaux de risque qui va se poursuivre pendant des années.
La situation est plus difficile selon S&P pour les émetteurs en Espagne, en Italie ou en Irlande qu’en Allemagne ou en France, où la production de crédits bancaires n’a que «légèrement baissé» de 0,4% l’an dernier.
Par bonheur, la quête, tout du moins le besoin, de financement alternatif de la part des sociétés de taille intermédiaire trouve un écho favorable de la part d’investisseurs avides de rendement au sein d’une classe d’actif en devenir, même si S&P note que «les grandes entreprises captent encore la majorité» des volumes.
Lentement mais sûrement, au prix d’une «évolution radicale des mentalités» côté entreprises, les obstacles des deux côtés vont tomber. En l’occurrence, si les émetteurs estiment encore que les prêteurs exigent des taux d’intérêt trop élevés, l’offre pâtit d’un manque d’information financière «suffisante, régulière et fiable».
S&P met en outre en lumière le manque de cohésion des divers marchés nationaux, soumis à des cadres réglementaires disparates. Il en est ainsi du placement privé, très développé aux Etats-Unis grâce à un marché «stable et simple», qui attire d’ailleurs les émetteurs européens, mais reste faible sur le Vieux continent, à l’exception du marché Schuldschein allemand et d’une réflexion menée par l’association des trésoriers outre-Manche, alors que la place de Paris avance en ordre dispersé.
En France, le placement privé n’a séduit depuis début 2011 qu’une douzaine d’ETI au sens S&P. Les plates-formes obligataires des opérateurs boursiers constituent un relais de croissance. Là encore, l’Allemagne a pris de l’avance, tandis que le projet deNyse Euronext à Paris a soutenu trois opérations depuis son lancement l’an dernier.
Plus d'articles du même thème
-
Fnac Darty écope d’une amende de 7 millions d’euros auprès de la Cnil
L’enseigne de distribution est accusée d’avoir collecté illégalement des données personnelles sur ses clients via l’application mobile de la Fnac. -
Christine Lagarde quittera la BCE en février 2027
La banque centrale a confirmé jeudi le prochain départ de sa présidente, avant la fin de son mandat et l'élection présidentielle française. De quoi accélérer le processus de renouvellement à la tête de la BCE. -
Vontobel atteint un nouveau record d’encours
Le gestionnaire d’actifs et de fortune suisse gérait 255,1 milliards de francs suisses fin septembre.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
« On demande à Total d'être exemplaire » : le géant pétrolier enregistre un profit trimestriel record
Avec ses bénéfices records à 8,3 milliards de dollars en un trimestre, la compagnie française hérisse le poil de la gauche, qui plaide toujours pour une surtaxation de ses profits -
Le cercle des initiésAlan le capitaliste fait son trou à la Sécu
Dans le Cercle de la semaine, la licorne Alan qui bouscule l'assurance-santé, des interrogations sur le juste prix des futures actions Anthropic et la crise de gouvernance chez Eurazeo -
Jour sombreChristine Lagarde annonce qu'elle va quitter la BCE
L’agence Reuters avait indiqué, il y a deux semaines, que la Française était pressentie pour prendre la présidence du Forum économique mondial (WEF), l'institution qui pilote le sommet annuel de Davos